Des Agents de la Direction Générale des impôts (DGI) lancent un cri d’alarme sur leurs conditions de travail et de rémunération. Dans un message adressé à la Première ministre, Judith Suminwa, ils dénoncent le non-paiement de plusieurs primes et rétrocessions qu’ils jugent pourtant essentielles au fonctionnement de cette régie financière.
Les signataires affirment que, malgré les performances enregistrées par la DGI dans la mobilisation des recettes publiques, notamment lors de l’échéance fiscale d’avril consacrée à la déclaration de l’Impôt sur les Bénéfices et Profits (IBP), les Agents n’ont toujours pas perçu la prime de mobilisation correspondant à cette période.
Selon eux, la législation prévoit qu’une rétrocession de 5 % des recettes mobilisées soit accordée à la DGI. Or, ils soutiennent que les rétrocessions des mois d’Avril, de Mai et de Juin accusent d’importants retards, aggravant les difficultés financières du personnel.
Les Agents disent également ne pas comprendre les explications récurrentes du ministère des Finances faisant état de tensions de trésorerie. Ils estiment que ces difficultés semblent toucher principalement les régies financières, alors que d’autres institutions de l’État continueraient, selon eux, à bénéficier d’un traitement régulier.
Au-delà des revendications financières, les agents décrivent une situation sociale qu’ils qualifient de préoccupante. Selon leur témoignage, les retards de paiement exposeraient de nombreux Agents à des expulsions de leurs logements pour défaut de paiement des loyers.
Ils affirment également que plusieurs familles éprouveraient des difficultés à assurer la scolarité de leurs enfants, certains élèves n’ayant pas pu achever l’année scolaire faute de moyens.
Les auteurs du message évoquent également un endettement croissant du personnel auprès des établissements bancaires et des institutions de crédit, conséquence, selon eux, des emprunts contractés pour faire face aux dépenses quotidiennes.

Ils soutiennent que plusieurs Agents peinent désormais à honorer leurs échéances de remboursement, ce qui accentuerait davantage leur précarité financière.
Les agents font aussi état d’une dégradation de leurs conditions de vie, marquée, selon eux, par l’impossibilité pour certains d’accéder à des soins de santé appropriés en raison du manque de ressources.
Ils affirment que cette situation entraînerait un niveau élevé de stress au sein du personnel et évoquent des cas de décès qu’ils attribuent aux conséquences de cette précarité et à l’absence de prise en charge médicale adéquate.
Ils s’interrogent en outre sur le paiement de la rétrocession du mois de Mai avant celle d’Avril, pourtant considérée comme la plus importante en raison des performances réalisées durant cette échéance fiscale.
Cette situation nourrit, selon eux, des interrogations sur la gestion de ces fonds et les pousse à réclamer davantage de transparence.
Dans leur message, les Agents sollicitent l’intervention de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka afin qu’elle examine leur situation et engage des discussions avec le ministre des Finances, Doudou Fwamba, ainsi qu’avec le vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito, pour obtenir le paiement des arriérés qu’ils réclament.
Ils rappellent enfin que la DGI constitue l’une des principales administrations chargées de la mobilisation des recettes publiques et estiment que son personnel mérite un traitement à la hauteur des efforts consentis pour soutenir les finances de l’État, notamment dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et économiques que traverse la République Démocratique du Congo.
Les allégations formulées par ces agents n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune réaction officielle du ministère des Finances, du ministère du Budget ou de la Primature.
Lionel IPAKALA Y.
