Kinshasa prend l’offensive diplomatique à New York. Ce lundi, la République démocratique du Congo organisera au Conseil de sécurité de l’ONU une réunion spéciale en formule « Arria » afin de porter devant la communauté internationale les témoignages des victimes des violences dans l’Est du pays et de dénoncer le pillage des ressources naturelles imputé au Rwanda et à ses alliés du M23.
Dans le cadre de sa présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies, Kinshasa organise le Lundi 13 Juillet une réunion en formule « Arria » consacrée aux liens entre les conflits armés, l’exploitation illicite des ressources naturelles et la paix durable.
Selon une information rapportée par l’Agence Congolaise de Presse (ACP), cette rencontre sera présidée par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et réunira des experts indépendants, des représentants de la Société Civile ainsi que des victimes des atrocités commises dans l’Est de la RDC.
Cette tribune offrira aux victimes l’occasion de témoigner directement devant les membres du Conseil de Sécurité, sans les contraintes protocolaires des sessions officielles, sur les massacres de civils, les déplacements forcés de populations, les violences sexuelles et le pillage des ressources minières stratégiques qui alimentent le conflit dans les provinces de l’Est.
À travers cette initiative, les autorités congolaises entendent attirer l’attention des grandes puissances sur les conséquences humaines, sécuritaires et environnementales de ce qu’elles qualifient d’agression rwandaise menée avec le soutien du mouvement rebelle M23.
Kinshasa souhaite également démontrer que l’exploitation illégale des ressources naturelles demeure l’un des principaux moteurs de l’instabilité persistante dans la région des Grands Lacs.
Contrairement aux réunions formelles du Conseil de sécurité, la formule « Arria » permet des échanges plus libres avec des intervenants extérieurs.
Les autorités congolaises considèrent ce mécanisme comme un cadre privilégié pour exposer des réalités souvent difficiles à aborder lors des débats officiels.
Toujours selon l’ACP, la RDC défendra l’idée que le démantèlement des réseaux de prédation des ressources naturelles constitue une condition essentielle pour instaurer une paix durable, protéger les populations civiles et renforcer la stabilité régionale.

La présidence congolaise de l’ONU au service des priorités diplomatiques
Depuis le 1er Juillet, la RDC assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. Kinshasa entend mettre cette responsabilité au service de plusieurs priorités, notamment la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, la protection des civils, la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits et le renforcement de la lutte contre l’impunité.
Le 8 juillet dernier, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait déjà présidé une réunion de haut niveau consacrée à l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité ». À cette occasion, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege avait appelé à renforcer les mécanismes de justice transitionnelle et les sanctions contre les auteurs des violations des droits humains.
Instituée en 1992, la formule « Arria » constitue un mécanisme informel du Conseil de sécurité permettant aux États membres d’entendre les analyses d’experts, d’organisations de la société civile et de victimes afin d’enrichir leurs délibérations sur les enjeux liés à la paix et à la sécurité internationales.
Lionel IPAKALA Y.
