Shadary et Minaku devant l’auditorat Militaire : entre radicalisation et exigences de la décrispation politique avant le Dialogue intercongolais

Le transfert d’Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku à l’auditorat général militaire suscite déjà des réactions contrastées. Si certains y voient une procédure relevant de l’indépendance de la justice, le camp du PPRD estime qu’il s’agit d’un signal politique traduisant une radicalisation de la position du pouvoir face aux exigences de décrispation politique émises par le camp Kabila pour sa participation au dialogue intercongolais convoqué dernièrement par le chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Après plus de 200 jours de détention dans des locaux des services de sécurité, deux figures majeures du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, ont été transférées à l’auditorat général militaire.
L’information a été confirmée le Jeudi 6 Août par des sources judiciaires citées par un média de la place.

L’ancien vice-Premier ministre de l’Intérieur et l’ancien président de l’Assemblée nationale sont désormais à la disposition de la justice militaire, une étape qui ouvre une nouvelle phase dans leur dossier.
Ce transfert intervient dans un contexte politique marqué par les discussions autour du dialogue inclusif intercongolais convoqué par le chef de l’État. Pour certains observateurs, cette démarche s’inscrit dans le cadre normal du fonctionnement de la justice et traduit l’indépendance des institutions judiciaires.
Une lecture que ne partage pas le PPRD. Dans les rangs de cette formation politique, cette décision est perçue comme un message politique envoyé aux acteurs de l’opposition et comme un durcissement de la position du pouvoir face aux revendications de décrispation du climat politique.

Dans une déclaration publiée dernièrement l’ancien président de la république condamné à mort par la justice Congolaise, Kabila considérait notamment que la libération ou l’examen des situations judiciaires de certains acteurs politiques constitue un préalable important avant toute participation au processus du dialogue inclusif intercongolais.
Pour l’heure, les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué officiellement sur les charges retenues contre Emmanuel Shadary et Aubin Minaku ni sur les suites réservées à leur dossier.

Leur transfert devant l’auditorat général militaire intervient donc au cœur d’un débat politique sensible, entre exigences de justice et appels à l’apaisement du climat institutionnel en République Démocratique du Congo.

Lionel IPAKALA Y.

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