Portefeuille, elle biffe Fatshi, ignore Bemba, Julie Shiku sur une chaise éjectable!

Sur le Portefeuille, les grandes inquiétudes de Félix-Antoine Tshisekedi portent plutôt sur les entreprises d’économie mixte ou parapubliques :

«Dans bon nombre des entreprises d’économie mixte, la présence de l’État n’est que nominale, voire illusoire», a-t-il déploré, lors de la réunion du Conseil des ministres du 11 juillet 2025.

Ainsi le Président a-t-il recommandé au ministre du Portefeuille :

«de recenser, cartographier et tenir à jour un registre exhaustif de toutes les entreprises d’économie mixte dans lesquelles l’État congolais détient une participation, même minoritaire, en veillant à l’actualisation régulière des données relatives à la composition de l’actionnariat, aux organes de gestion et aux performances économiques».

Rapport devrait lui être rendu au mois de Septembre 2025. Mais mi-Août, le Gouvernement Suminwa est remanié. La Dircaba de Doudou Fwamba aux Finances, Julie Shiku Mbuyi remplace Jean-Lucien Busa au Portefeuille.
Dans son check-up, Fatshi a regretté :

 » qu’ il se développe une marginalisation progressive des intérêts publics et même des mandataires publics dans la conduite de la vie économique nationale et entraîne un manque à gagner significatif pour le Trésor public (…) Cette participation [de l’État] ne saurait demeurer passive ou décorative. Elle doit être pleinement assumée, rigoureusement exercée et résolument orientée vers la création de richesse, la bonne gouvernance et la transparence».

Pour le Président de la République, il est indispensable de :

« rompre avec cette logique d’effacement institutionnel, pour faire de la participation de l’État un véritable levier stratégique au service de l’intérêt général».

La ministre du Portefeuille devrait aussi, a insisté Fatshi :

«vérifier la présence effective et la participation active des mandataires de l’Etat dans toutes les instances de gouvernance, y compris dans la formulation des politiques stratégiques, les processus de prise de décision, le contrôle budgétaire et l’évaluation des performances ».

Tenez. Ce n’est qu’en 2013, que la ministre du Portefeuille, Louise-Marie Munga Mesozi, a découvert que depuis 1960 la RDC a manqué de nommer un mandataire au poste de DGA au sein de Finalog. Julie Shiku, en prenant le maroquin du Portefeuille, disposait donc d’un vade-mecum élaboré par le Félix Tshisekedi en personne. Mais voilà qu’une année après, jour pour jour, la ministre du Portefeuille s’emmêle les pinceaux, ignore les directives du chef de l’État, torpille l’architecture laborieusement échafaudée pour la gestion des entreprises du Portefeuille en improvisant un concours dont elle ne maîtrise même pas les tenants et les aboutissants.

Pas étonnant! Le 27 Janvier 2026, Julie Shiku avait lancé les travaux de validation des prévisions budgétaires des entreprises du Portefeuille pour l’exercice 2026 alors que la loi des finances portant budget national 2026 avait déjà été promulguée un mois plus tôt. Aucun mot sur les entreprises d’économie mixte, alors même que lors des États généraux du Portefeuille, fin 2024, l’alors ministre Busa a été évasif sur leur nombre. «Plus de 89 entreprises d’économie mixte» avait-il indiqué.

Et curieusement dans le budget de l’Etat, in globo, seules 34 sociétés d’économie mixte sont reprises avec des prévisions d’apports financiers insignifiants au Trésor, en termes de dividendes. En outre, les dizaines des partenariats conclus par la Gécamines devraient, à présent, se muer en entreprises parapubliques avec des parts considérables de l’État. Sans doute que l’on ignore au Portefeuille. Alors que les entreprises publiques donc appartenant à 100% à l’État ne sont que 29 dans le budget 2026.

Sur quelle base, Julie Shiku n’a sélectionné que 15 d’entre-elles pour son fameux concours ? Tant pis pour personne !
Julie a mis le Conseil des ministres devant un fait accompli : après avoir unilatéralement lancé son processus de sélection des mandataires publics dans 15 entreprises sans les citer nommément, le 26 juillet, cinq jours plus tard, soit le 31 juillet, à la faveur de la réunion du Conseil des ministres, à Kaniama Kasese, la ministre du Portefeuille, se rebiffe pour soutenir que le processus de recrutement par concours des mandataires se fera en trois vagues. La première portera sur la SNCC SA et REGIDESO SA et trois entreprises du secteur des transports , SNCC SA, RVA SA et ONATRA SA. Nul doute, ni Sakombi Molendo ni Jean-Pierre Bemba, allié hautement stratégique de Félix Tshisekedi, n’ont été ni informés ni consultés par la ministre du Portefeuille, sur sa démarche.

La mise en place dans les entreprises du Portefeuille, peu importe la procédure, est une question transversale étant donné que les entreprises d’État ont une double tutelle, administrative et technique. Quand les prémisses sont fausses, la conclusion est absurde, selon la logique élementaire. Visiblement, Julie Shiku tâtonne, navigue à vue dans son entreprise, pas de calendrier ni critères de selection établis, elle renvoie plutôt ceux dont l’aventure intéresse à consulter régulièrement le site web de son ministère. Pour chaque poste à pourvoir, un avis d’appel public à candidatures, accompagné des termes de référence, sera largement diffusé par voie de presse et sur les plateformes numériques dédiées, a-t-elle indiqué.

Le processus est ouvert à tous les citoyens Congolais, résidant sur le territoire national ou à l’étranger, les candidatures étant soumises exclusivement par voie électronique. En clair les questions basiques de référence font défaut à l’initiative de la ministre du Portefeuille. Julie Shiku ignore tout de la DRC real politik. Les postes des mandataires sont des fonctions de compensations, des ministères par défaut, pour les partis ou même des personnalités politiques qui ne se sont pas retrouvés dans le Gouvernement.

L’Union sacrée de la Nation est une plate- forme des compromis ayant pour seul dénominateur commun  » je rallie Fatshi contre quoi ? ». Dans la salle d’attente, nombreux se bousculent désespérément. Tel le cas de l’ex-FCC Pius Muabilu
qui a compté jusqu’à 5 ministres dans le gouvernement Sama Lukonde en récompense de sa présence à une cérémonie de la magistrature boycottée par la « Kabilie ». Aujourd’hui, il ne tient, dans l’USN, qu’à un fil, le poste de DGA occupé par sa fille biologique à l’OCC. Fatshi a dealé avec des ex-candidats à la présidentielle dont certains sont à la tête des entreprises.

Le mieux aurait été de durcir le contrôle dans la gestion avec l’appui de l’IGF et de la cour des comptes, estime ce cadre de l’UDPS sous couvert d’anonymat. Le concours de recrutement pourrait bien tourner ad nihilum, comme les consultations d’Éberande Kolongele.
L’opinion se souviendra du premier concours organisé, fin 2007, par Jeannine Mabunda – qui zappait à volonté Antoine Gizenga, le premier ministre- et le COPIREP sur financement de la Banque mondiale. Un sacré desordre…à tel point Kabila s’est réservé le choix discrétionnaire de nommer PCA et administrateurs dans un premier temps, puis tout le reste, DG, DGA, etc., tant les « surdoués » lauréats du test n’étaient que baudruches dans la pratique.

Bien d’autres se sont illustrés experts en detournements des deniers publics à l’image du « Blanc » nommé à la RVA. Présenté comme Français au nom de Assice, le Dg était, en réalité, un Libanais du nom d’Aziz. Il a disparu avec les premières recettes du go-pass qu’il logeait en Afrique du sud. Des centaines des milliers de dollars.
Une escroquerie dont les effets dévastateurs sur les finances de la RVA SA se font encore ressentir à ce jour. À l’Onatra SA, l’aventure des Espagnols de Progosa a également tourné court suite une escroqierie comique.

Un des mandataires, chargé des finances en plus, n’était pas venu d’Europe. C’était un portugais vivant depuis des premières années postcoloniales à Kinshasa et ancien magasinier à Socopao, une entreprise fermée à Limeté. Sous- traité par des Espagnols, avec un salaire réduit à un tiers de ce que le Congo lui versait, Il l’a lui- même ébruité l’affaire. Foi de ce député UDPS,  » Julie Shiku ne survivra pas au prochain remaniement ». Attendons voir.

Pold LEVI

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