Mercato de la Liga  des injures faciles sur les réseaux sociaux, le Pichichi Bokesthu  rejoint le club Kinshasa

  

Ce n’est pas pour un concert de Swèdè Swèdè mais pour un one man’s show de mea culpa et girouette en faveur du régime Tshisekedi que Bokesthu « wa Yambo  »  annonce vouloir  tenir un meeting au stade des Martyrs de Kinshasa.  Pourfendeur du régime Kabila puis Tshisekedi, expert en propos ostrogoth et balivernes d’une rare indécence, Bokesthu annonce avoir fait un revirement intégral, une pirouette radicale, donc plus de quolibets grossiers, d’injures faciles, d’insultes gratuites envers Félix Tshisekedi et son administration.  

Nul doute, le retour de Boketshu a été négocié  à Kinshasa,  et les assurances  d’une amnistie et d’absolution de ses péchés d’outrage verbal à outrance lui ont été données, comme du temps de Kabila, à Rex Kazadi, son compère dans les actes de sabotage des concerts des artistes congolais en Europe. Apparemment, d’aucuns dans le cercle du pouvoir sinon d’influents courtisants ont opté pour la réponse du berger à la bergère, donc faire aussi ́le jeu des insultes gratuites en recrutant un as en la matière plutôt que des poursuites en justice, comme s’y affairent  le ministre d’État en charge de la Justice, le garde des sceaux Guillaume Ngefa et  le Procureur Général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, qui ont recommandé  aux officiers de police judiciaire de ne plus laisser sans suite les infractions commises en ligne, alors que les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés pour diffuser insultes, accusations et contenus haineux .

La tension est montée d’un cran à la suite des valses des propos orduriers truffés des calomnies et d’imputations dommageables tenus par une tik-tokeuse, – le terme est d’ailleurs devenu synonyme de fille à l’injure facile-  qui depuis, aurait fait amende honorable, craignant visiblement de passer par la case  » geôle » après  la fermeté du porte- parole du Gouvernement et ministre de la Communication & médias selon laquelle, » où que tu retranches, on te retrouvera, tu feras face à la rigueur de la loi ». Le  » repenti » Boketshu en sait quelque chose. Nul n’a le monopole des menaces physiques et verbales. 

L’épisode  » Ma didi eeeh » aura été un sévère avertissement. Pour Christian Bosembe,  le patron du CSAC, organe régulateur du contenu et du contenant de la communication, les diatribes  loufoques déversées avec autant de légèreté sur la première dame constituent la goutte d’eau infecte de trop qui a poussé le bouton de l’extinction du tik-tok en RDC. Mais  Muyaya l’a appelé à la tempérance. Ce qui est vrai est que les  décideurs congolais sinon leurs proches ont (eu) recours à ces  fameuses tik-tokeuses pour des sales besognes.  

N’a-t- on pas entendu et vu, épouses et concubines ou deuxièmes bureaux (ndlr une concubine en jargon conjugale congolais) des autorités majeures de l’État se régler des comptes à travers ces tik-tokeuses. Selon le témoignage d’une actrice de théâtre populaire, la femme d’une très haute autorité est allée jusqu’à jouer à l’entremetteur pour la rapprocher à un homme déjà marié et père de famille, tout simplement parce qu’elle voulait se taper une bonne réputation  » de faiseuse des couples ». 

Une tik-tokeuse s’est même vantée d’avoir eu une conversation aussi longue que le temps que prendrait un aéronef pour faire six rotations entre Kinshasa et Lubumbashi. Concernant Boketshu, s’il n’a pas dévoilé les motivations à l’origine de ce changement de narratif, pour emprunter l’expression à Patrick Muyaya, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’une fois à Kinshasa,  l’opposition boirait son  calice d’espiègleries et philippiques  jusqu’à lie. 

 Pold LEVI

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