Le Vietnam a beau entretenir de bonnes relations avec la Chine mais Hanoï refuse de servir de couvre-forfait des activités illicites des Chinois sur son territoire. Au milieu de cette semaine, la Police de la Province vietnamienne de Gia Lai a convié les médias au port de Quy Nhơn pour étaler sur la place publique des exportations illégales chinoises : 221 pièces d’ivoires d’éléphant pesant 1193 kg dissimulées dans du bois scié. La douane vietnamienne a, en effet, saisi une cargaison de trois conteneurs arrivée, le 9 Juillet dernier au port de Quy Nhơn.
Outre plus d’une tonne d’ivoire d’éléphant, le chargement illégal contenait aussi plus de 79 kg d’os d’animaux appartenant à la famille des grands félins, léopards, lions, tigres, en provenance de la RDC. Le Vietnam n’en peut plus d’être une plaque tournante majeure du commerce illicite d’espèces sauvages, vivantes ou mortes, etc., organisé par des Chinois sous la couverture des produits d’industries extractives, mines et bois dont ils détiennent une position quasi-monopolistique.
Si les ONG locales dénoncent un véritable massacre des écosystèmes des entreprises chinoises au Congo, à l’international, l’on rappelle que le commerce de l’ivoire d’éléphants et d’autres animaux menacés d’extinction est formellement interdit par la CITES, Convention sur le commerce International des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. La Chine a notamment adhéré à la convention. Voilà trois jours que la vidéo de la télé publique vietnamienne circule dans les réseaux sociaux, mais en RDC, ni le ministère de l’Environnement, ni le ministère du Commerce extérieur, ni l’ICCN, aucune institution n’a dit mot.
Selon des analystes, à défaut d’annoncer une enquête qui ne viendra jamais, Kinshasa opte de fermer les yeux et se boucher les oreilles sur des dossiers compromettant impliquant la Chine.
POLD LEVI
