Me John Mbaya :  » pas de négociation avec le M23, pas de prime au crime au dialogue »

Le Mouvement de Réveil de la Jeunesse Congolaise (MRJCO) et l’Alliance pour la Rupture et le Développement du Congo et Alliés (ARDEV-A) ont salué la convocation du Dialogue National Inclusif par le Chef de l’État, tout en fixant leurs lignes rouges et leurs deux priorités pour les assises.
« Si le Chef de l’État avait demandé que nous puissions négocier avec le M23 et ses supplétifs, le MRJCO et la plateforme politique ARDEV-A se seraient versés immédiatement dans une opposition républicaine en quittant la majorité présidentielle », a déclaré Me John Mbaya Ntita, Président National du MRJCO et Président a.i de l’ARDEV-A vendredi en réaction à l’adresse de Félix Tshisekedi à la nation.

Dans son communiqué public jeudi à Kinshasa, Me John Mbaya dit avoir suivi avec une attention soutenue le discours du Président Félix Tshisekedi annonçant le Dialogue National pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Il félicite le Chef de l’État pour sa prise de position qu’il qualifie de courageuse et responsable.

« Négocier avec les Rwandais ou les spectacles du M23/AFC ne nous apporterait que la honte et l’humiliation nationale », a-t-il soutenu. C’est pourquoi, souligne le document, les deux structures saluent cette convocation historique et promettent d’accompagner le Chef de l’État dans cette initiative souveraine, conçue par les Congolais et pour les Congolais, sur le territoire national.

Pour le MRJCO et l’ARDEV-A, ces assises doivent être centrées sur deux sujets principaux.

Le premier, selon Me Mbaya, est sécuritaire : « Comment bouter l’agresseur dehors. C’est le point principal qui nous concerne tous. Toutes les forces vives de la Nation, toutes les tribus, tous les hommes politiques, les artistes, les confessions religieuses, dans toutes les provinces, nous devons réfléchir ensemble sur les moyens de mettre définitivement fin à l’agression dont notre pays est victime ».

Le second porte sur la gouvernance : « Comment mettre fin à la corruption et à la mauvaise gouvernance. Comment imposer une bonne gouvernance et lutter efficacement contre la corruption qui ronge notre État ».
Le communiqué rappelle que ce dialogue est constitutionnel car il se base sur les articles 5 et 64 de la Constitution, le pouvoir appartenant au peuple. L’article 5 stipule que la souveraineté nationale appartient au peuple et que tout pouvoir émane du peuple, tandis que l’article 64 fait obligation à tout Congolais de faire échec à tout individu ou groupe qui prend le pouvoir par la force.

Le regroupement réaffirme sa ligne rouge : pas de prime au crime.

« Pas de place et pas de prime pour ceux qui ont pris les armes pour tuer le peuple congolais. Aucune arme ne donnera un droit supérieur au suffrage. Aucune conquête militaire ne sera convertie en légitimité politique », a insisté Me John Mbaya Ntita. Parmi ses exigences, le MRJCO et l’ARDEV-A proposent que le dialogue aboutisse à la création d’un Tribunal Spécial sur les crimes commis au Congo dans le cadre de la Justice Transitionnelle, à l’instar du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), du Tribunal Spécial pour la Sierra Leone et de la Cour Pénale Internationale (CPI).

Sur les processus de Doha et de Luanda/Washington, les deux plateformes exigent qu’ils débouchent uniquement sur la Démobilisation, le Désarmement et la Réinsertion Sociale (DDRS).
« Nous disons NON catégorique à l’intégration, au mixage ou au brassage des groupes armés dans l’Armée Nationale (FARDC) », conclut le communiqué, qui appelle le peuple congolais tout entier à se préparer pour participer massivement à ce dialogue historique.

M.Luamuele

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