Sur le deal convenu, Mercredi 26 Août 2026, à la Cité de l’Union Africaine, entre Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, un article de la cellule de communication de la présidence de la République, revient sur le contrat de concession ferroviaire portant sur le tronçon Dilolo–Sakania. Mais avec une affirmation qui ne cadre pas avec la réalité sur terrain.
« La signature de ce contrat de concession entre la RDC et Mota-Engil vise à moderniser la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania, un corridor de plus de 1 000 kilomètres évalué à 1,258 milliards de dollars américains pour relier Kolwezi, Tenke et Lubumbashi au port angolais de Lobito sur l’océan Atlantique. (…)
Pour sa part, la Société Nationale des Chemins de fer du Congo, SNCC, conservera l’exclusivité du transport de voyageurs ainsi que ses droits sur le fret », lit-on dans l’article de la Cellcom du chef de l’État.
La vérité que la SNCC SA, a, sans aucun doute avec l’aval de ministères de tutelle (Transpotts et Portefeuille), a cédé ses droits de trafic sur le corridor de Lobito à la firme Impala terminal DRC. Et ce, sans appel d’offres!
Et sur la durée de la cession, nul, dans la mouvance syndicale de l’entreprise des transports ferroviaire et lacustre qui a livré l’info, ne le sait.
À Lubumbashi, la Direction Générale de la SNCC s’emploie à relativiser en parlant d’un contrat de sous-traitance avec Impala terminal DRC, une filiale de Trafigura. Et que la firme privée va exploiter le réseau ferroviaire de la SNCC SA pour le transport de diverses marchandises, notamment les minerais, sur le corridor de Lobito. Dans aucun document accessible au public sur le dossier, il ́’est fait mention du montant de la transaction. La Direction Générale de la SNCC SA a, également reçu l’aval de Kinshasa, pour l’obtention d’un financement -dont le montant n’a pas été révélé – auprès de la firme Impala terminal DRC pour l’achat des 20 000 traverses et la réhabilitation de 81 km du réseau ferroviaire de la SNCC SA et d’une voie secondaire de 9 km, tous des appendices du corridor de Lobito.
Pourtant, la seule fois que Jean-Pierre Bemba a parlé de la SNCC SA au Conseil des ministres remonte au Vendredi 26 Septembre 2025.
Le VPM , ministre des Transports, voies de communication
et Désenclavement avait plutôt présenté à cette réunion du Gouvernement une note d’information relative à la création du Fonds social de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC SA) pour faire face à des difficultés structurelles et sociales persistantes qui compromettent son bon fonctionnement, et d’autre part, du vieillissement marqué de son personnel, dont près de deux tiers (soit environ 3 695 agents sur un effectif total de 5781) sont éligibles à la retraite.
Onze mois après, le Fonds SNCC n’a pas été créé sinon ce contrat de cession du trafic sur le corridor de Lobito conclu en dehors du code congolais des marchés publics avec Impala terminal RDC.

Une entreprise visiblement créée pour le besoin de la cause
Impala terminal DRC est gérée au Congo par Mme Maguy Bazola Hermabessiere. Le siège social de l’entreprise est plutôt en Suisse. Impala, filiale de Trafigura Group, a déjà remporté le marché d’évacuation des minerais congolais sur le corridor de Lobito.
Trafigura Group, tantôt allié, tantôt concurrent de Glencore, a, début Juillet 2025, conclu un accord de prépaiement de 200 millions $ avec Kamoa Copper, filiale d’Ivanhoe Mines, pour s’assurer, durant les trois prochaines années, de 20 % de la future production d’anodes de cuivre issue de la nouvelle fonderie de Kamoa-Kakula entrée en service en Septembre 2025. Selon des experts, la fonderie de Kamoa-Kakula ambitionne de devenir la plus grande d’Afrique, avec une capacité annuelle de 500 000 tonnes de cuivre raffiné.
L’accord Trafigura-Kamoa est structuré avec un taux d’intérêt indexé (SOFR + 3,75 %), une pratique courante dans les préfinancements de matières premières. Il intervient dans un contexte de rivalité croissante entre acteurs occidentaux et chinois pour l’accès aux ressources congolaises. 80 % des volumes restants seront alloués aux partenaires chinois d’Ivanhoe, notamment Zijin Mining Group et CITIC Metal, consolidant la forte présence de Pékin dans l’aval minier congolais, tout en maintenant un espace pour les intérêts occidentaux. Ni la Gécamines ni la SNCC, les deux plus grandes entreprises du sud-est congolais, n’ont un rôle de premier plan dans toutes ces tractations sinon de faire-valoir.
Pourtant, l’expert Léonide Mupepele, dans son rapport d’évaluation du projet Sicomines, conseille à l’État une voie de souveraineté nationale pour l’exportation des matières premières lourdes.« Une opportunité pour reconstruire le pays », écrit-il. «(…) on peut déplorer que les voies fluviales aient été totalement ignorées dans ce programme, mais avec un ensemble des projets d’infrastructures de voies nationales couvrant 3 370 km de chemin de fer à construire et à reconstruire, le projet d’infrastructures des accords de coopération sino-congolaise se posait en une véritable opportunité pour désenclaver les provinces du centre du pays, aujourd’hui, économiquement asphyxiées, permettant ainsi au Congo de retrouver l’unité économique et son marché commun national », note l’expert.
POLD LEVI
