Rebo Chulo, une fâcheuse jurisprudence

Une jurisprudence, qu’est-ce ? C’est un complément de la loi, une solution quand le texte ne prévoit rien. La jurisprudence évite que deux tribunaux ne décident pas de manière différente pour la même affaire.

L’épilogue de l’affaire Rebo Chulo est connu, tous les réseaux sociaux en font écho : l’artiste n’a rien à payer et, bien plus, elle n’ira pas au pénitencier militaire de N’dolo, comme l’entrevoyaient d’éminents juristes congolais à la suite de la flagellation d’un de ses collaborateurs, qui a rappelé à l’opinion le martyre de Bakandja. Sauf que « Longangé », le méchant colon belge qui avait fait fouetter le chrétien indigène, a été poursuivi et condamné.

RGS, rien de grave à signaler, sinon que le Tribunal Militaire de Garnison de Kinshasa-Ngaliema a condamné l’artiste Rebo Tchulo à 12 mois de servitude pénale principale, assortis d’un sursis de 24 mois, sans amende à payer.
En termes simples, selon son avocat, Me Jean-Marie Kabengela Ilunga, la sanction infligée à sa cliente lui permet plutôt de recouvrer sa pleine liberté de mouvement et de reprendre l’ensemble de ses activités artistiques.
Et l’on ne saura jamais l’autorité qui a dépêché des éléments de l’armée pour supplicier le présumé voleur devant Rebo.

Ce procès fera date

Dans une ville comme Kinshasa ou dans certaines grandes agglomérations de l’arrière-pays, des faits similaires à celui reproché à la chanteuse Rebo se produisent et se reproduiront inévitablement. En dépit du tollé, des geysers de désapprobations, des critiques tant sur les réseaux sociaux que sur les plateformes des ONG des droits de l’homme que cela pourrait susciter, le verdict, en cas de poursuites, serait donc déjà connu.
L’affaire Rebo Chulo faisant référence, les journalistes particulièrement sont donc prévenus.

Popol Rabuni/CP

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