Suspension des activités académiques à Goma et Bukavu : les étudiants paient-ils le prix de l’insécurité ?

La suspension des activités académiques pour l’année 2026-2027 à Goma et Bukavu, annoncée par le Gouvernement congolais, suscite de nombreuses réactions dans l’opinion. Si les autorités invoquent la situation sécuritaire préoccupante dans l’est de la République Démocratique du Congo, la mesure soulève également des interrogations sur son impact sur l’avenir de milliers d’étudiants.

Pour les défenseurs des droits humains, la question est désormais de savoir si la réponse à l’insécurité doit nécessairement passer par l’interruption de la formation universitaire.
Le défenseur des droits humains Johnson Ishara s’est vivement insurgé contre cette décision, mettant en cause les conséquences d’une telle mesure sur la jeunesse estudiantine :

« Qui conseille nos ministres finalement ? C’est quoi la responsabilité des jeunes étudiants que vous venez de sacrifier, leur éducation, dans cette faiblesse du Gouvernement à défendre nos territoires ? », s’interroge-t-il.

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Une année académique lourdement menacée

Au-delà de la controverse, la suspension des activités académiques pourrait entraîner des répercussions considérables sur le parcours de nombreux étudiants de Goma et Bukavu. Retard dans les programmes, perturbation des examens, prolongation des cycles d’études et incertitudes concernant la délivrance des diplômes figurent parmi les principales préoccupations. Pour les étudiants déjà confrontés aux conséquences de la crise sécuritaire, cette interruption risque ainsi d’ajouter une nouvelle difficulté à une situation particulièrement éprouvante.

Sécurité ou droit à l’éducation ?

La décision gouvernementale remet au centre du débat l’équilibre entre deux responsabilités essentielles de l’État : assurer la sécurité des citoyens et garantir l’accès à l’éducation.
Dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones de l’est du pays, la protection des étudiants et des établissements d’enseignement constitue certes un impératif. Mais pour les défenseurs des droits humains, la suspension des cours ne devrait pas devenir une solution permanente face à une crise sécuritaire.

Ils plaident plutôt pour la mise en place de dispositifs permettant de sécuriser les établissements d’enseignement supérieur et de maintenir, autant que possible, la continuité pédagogique.
À Goma comme à Bukavu, l’inquiétude gagne désormais les étudiants, les parents et les communautés universitaires. Derrière la suspension d’une année académique se profile une préoccupation plus profonde : comment répondre à l’insécurité sans sacrifier l’avenir d’une génération d’étudiants ?

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La réponse à cette question devrait se trouver au cœur des prochaines décisions des autorités congolaises.

Fiston Muhindo Correspondant/ Nord-Kivu

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