Nord-Kivu : la tombe de l’artiste engagé Delcat Idengo profanée à Beni

La sépulture de l’artiste engagé Delcat Idengo a été profanée dans la nuit du Dimanche 9 au Lundi 10 Août à Beni, dans la Province du Nord-Kivu. Une véranda aménagée à proximité de la tombe a également été incendiée par des individus non identifiés.

Les circonstances de cet acte demeurent, à ce stade, inconnues. Aucun individu ni groupe n’a revendiqué la profanation ou l’incendie. Une enquête est attendue afin de déterminer les circonstances exactes des faits et d’en identifier les responsables.

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Un artiste devenu symbole de la contestation

Delcat Idengo occupait une place particulière dans le paysage musical de l’est de la République Démocratique du Congo. À travers ses chansons et ses prises de position publiques, l’artiste dénonçait régulièrement les violences armées, les souffrances infligées aux populations civiles et les conséquences des conflits qui ravagent la région depuis plusieurs décennies.
Son engagement lui avait valu une forte popularité auprès d’une partie de la jeunesse de l’est du pays, pour laquelle son œuvre demeure associée à la résistance culturelle et au combat pour la paix.

Une mort survenue dans un contexte de guerre

Delcat Idengo a été tué à Goma en Février 2025, quelques jours après la prise de la ville par le M23. D’après plusieurs récits, l’artiste s’était évadé de la prison de Munzenze lors de l’entrée des rebelles dans la capitale provinciale du Nord-Kivu avant d’être mortellement atteint.
Les circonstances précises de sa mort demeurent toutefois controversées.

Des accusations ont notamment été portées contre le M23, qui a rejeté toute implication dans sa mort.
Depuis sa disparition, Delcat Idengo est devenu une figure emblématique de la dénonciation des violences et de la résistance culturelle dans l’est de la RDC.

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Une profanation sur fond de tensions à Beni

La profanation de sa tombe intervient alors que la ville de Beni connaît un climat de tension. Des mouvements citoyens et des groupes de pression ont appelé à une journée sans activités le Lundi 10 Août.
Parmi leurs revendications figurent notamment le remplacement du Gouverneur du Nord-Kivu, Evariste Kakule Somo, la fin du « mariage civilo-militaire », le retrait des jeunes engagés dans la riposte contre Ebola ainsi que la libération de Clovis Mutsuva.
La cellule de communication du gouverneur Evariste Kakule Somo a, pour sa part, démenti toute implication du chef de l’exécutif provincial dans l’arrestation de Clovis Mutsuva.

Pour l’heure, les auteurs de la profanation et de l’incendie restent inconnus. L’enquête devra permettre d’établir les faits et de déterminer les motivations derrière cet acte visant la sépulture d’un artiste dont l’engagement demeure profondément associé aux revendications de paix dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Fiston Muhindo
Correspondant Nord-Kivu

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