Lufu-Toto : une semaine après la rentrée scolaire, des écoles toujours désertées par les élèves

À Lufu-Toto, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, la rentrée scolaire 2026-2027 prend une tournure particulièrement inquiétante. Alors que les enseignants ont répondu présents depuis la reprise des cours, plusieurs écoles restent confrontées à l’absence massive des élèves. Une situation qui persistait encore dans la matinée du Lundi 7 Septembre, malgré les appels lancés par l’abbé Roger Mufu lors des messes célébrées à la Mission de Noki et à la paroisse Christ-Roi du Camp ONATRA.

En République Démocratique du Congo, chaque rentrée scolaire est souvent marquée par des tensions entre le Gouvernement et les organisations syndicales des enseignants. Les revendications salariales et sociales donnent régulièrement lieu à des menaces de boycott, laissant parfois les élèves reprendre le chemin de l’école sans leurs enseignants.
À Lufu-Toto, situé à environ 12 kilomètres de la cité de Kwilu-Ngongo, dans le district des Cataractes, territoire de Mbanza-Ngungu, le scénario est totalement inversé.
Depuis la rentrée scolaire du 1er Septembre, les enseignants sont présents dans leurs établissements, les salles de classe sont ouvertes, mais les élèves, eux, restent largement absents.

Le constat demeurait préoccupant encore dans la matinée du Lundi 7 Septembre, soit une semaine après la reprise officielle des cours.
Selon un enseignant ayant requis l’anonymat, plusieurs établissements scolaires de la cité dont le Complexe Onatra, le Complexe catholique, le complexe kimbanguiste, les complexes protestants CBFC, CBCO et CEC, sont directement touchés par cette situation inhabituelle. L’absence des élèves concerne notamment des écoles fréquentées par les enfants des familles vivant dans cette localité historiquement liée aux activités de l’Office National des Transports (ONATRA).

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Des enseignants présents, mais des classes sans élèves

La situation interpelle d’autant plus qu’elle contraste avec les difficultés habituellement observées lors des rentrées scolaires en RDC.
Cette fois-ci, ce ne sont pas les enseignants qui boycottent les cours. Les professionnels de l’éducation sont bel et bien présents. Ce sont plutôt les familles, confrontées à une situation économique de plus en plus difficile, qui semblent éprouver des difficultés à assurer la scolarisation de leurs enfants.
À Lufu-Toto, l’absence des élèves apparaît ainsi comme l’un des symptômes visibles d’une crise sociale plus profonde qui frappe cette cité depuis plusieurs années.
La précarité économique des ménages, particulièrement ceux dont les revenus dépendaient directement ou indirectement des activités de l’ONATRA, semble désormais avoir des conséquences directes sur l’éducation des enfants.

Les appels de l’abbé Roger Mufu restent sans effet immédiat

Face à cette situation, l’abbé Roger Mufu, curé de la paroisse catholique Christ-Roi, a multiplié les interpellations à l’attention des parents et de la communauté.
Lors des messes célébrées à la paroisse de la Mission à Noki ainsi qu’à la paroisse Christ-Roi du Camp ONATRA, le prélat catholique a tiré la sonnette d’alarme sur cette situation préoccupante qui menace l’avenir scolaire des enfants de Lufu-Toto.
Mais malgré ces appels, le constat restait pratiquement le même dans la matinée du lundi 7 septembre : plusieurs écoles continuaient à fonctionner avec très peu, voire sans élèves dans certaines salles de classe.
Une situation qui suscite de nombreuses interrogations au sein de la communauté locale.

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Une crise sociale qui menace l’avenir des enfants

Pour plusieurs observateurs, cette situation dépasse largement le cadre scolaire. Elle traduit les difficultés économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses familles de Lufu-Toto.
Dans cette cité autrefois dynamique grâce aux activités ferroviaires et industrielles de l’ONATRA, la dégradation des conditions sociales semble progressivement affecter plusieurs secteurs de la vie quotidienne.
L’éducation des enfants figure désormais parmi les principales victimes de cette crise.
La situation observée à Lufu-Toto constitue ainsi un sérieux signal d’alarme pour les autorités locales, les responsables de l’ONATRA et le Gouvernement congolais.

Car si les enseignants sont prêts à assurer leur mission mais que les élèves ne peuvent pas rejoindre les salles de classe, le problème n’est plus seulement celui de la rentrée scolaire.
Il devient une véritable question sociale.
À Lufu-Toto, en ce Lundi 7 Septembre, les écoles restent ouvertes, les enseignants sont présents, mais de nombreuses salles de classe attendent encore leurs élèves.

Lionel IPAKALA Y.

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