Incendie meurtrier à Lingwala : la mort de Guy Aloma relance l’urgence de la sécurité dans les salles de fêtes (Dossier de la Rédaction)

Après le drame survenu lors d’une fête de mariage dans une salle de réception de la commune de Lingwala, à Kinshasa, et qui a coûté la vie à Guy Aloma, opérateur de prise de vue à la RTNC, l’émotion laisse désormais place à de lourdes interrogations sur la sécurité des lieux accueillant du public en République Démocratique du Congo.

Le monde de la presse congolaise est en deuil. Kinshasa, et au-delà l’ensemble de la République Démocratique du Congo, reste sous le choc après le violent incendie survenu dans la nuit de Vendredi 4 à Samedi 5 Septembre, lors d’une fête de mariage organisée à la salle Panacée, dans la commune de Lingwala.
Le drame a notamment coûté la vie à Guy Aloma, opérateur de prise de vue de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), plongeant ses collègues, ses proches et de nombreux professionnels des médias dans une profonde consternation.

Selon les premières informations disponibles, l’incendie s’est déclaré alors que des invités étaient réunis dans cette salle de réception pour célébrer un mariage. La panique aurait rapidement gagné les personnes présentes, confrontées à un sinistre dont l’origine exacte reste, à ce stade, à déterminer.
Des images et témoignages relatifs à ce drame suscitent une immense émotion.

Mais au-delà de la douleur provoquée par la disparition d’un professionnel de l’audiovisuel, cette tragédie remet brutalement au centre du débat une question essentielle : les lieux publics et les salles de fêtes en RDC répondent-ils réellement aux normes minimales de sécurité ?

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Guy Aloma, une disparition qui bouleverse la presse congolaise

La disparition de Guy Aloma constitue une perte douloureuse pour la famille de la RTNC et pour l’ensemble de la corporation journalistique congolaise ainsi que sa famille biologique, certainement, père de famille qui laisse derrière un grand vide .
Un opérateur de prise de vue ne se contente pas d’être derrière une caméra. Il est celui qui immortalise les événements, documente l’histoire et permet au public de voir ce qui se passe autour de lui.
Aujourd’hui, c’est malheureusement un professionnel de l’image qui disparaît dans un drame qui pose, avec une acuité particulière, la question de la prévention.

Sa mort ne devrait pas être considérée comme un simple fait divers de plus dans la longue liste des incendies et catastrophes qui endeuillent régulièrement Kinshasa.
Elle doit provoquer une prise de conscience collective et conduire les autorités à agir.

L’incendie de la salle Panacée : l’enquête doit établir toute la vérité

À ce stade, l’origine exacte de l’incendie n’est pas encore officiellement établie.

  • S’agit-il d’un accident ?
  • D’une défaillance électrique ?
  • D’un problème lié à une installation ou à un équipement utilisé pendant la réception ?
  • D’une négligence ?
  • Ou d’un acte volontaire ?

Seule une enquête sérieuse, indépendante et rigoureuse permettra d’apporter des réponses à ces questions.
Dans l’immédiat, il serait irresponsable de tirer des conclusions définitives avant les résultats des investigations. Mais une chose est certaine : quelle que soit l’origine du feu, les conditions de sécurité dans lesquelles les personnes ont été accueillies doivent être examinées avec la plus grande rigueur.
Car lorsqu’un incendie se déclare dans un lieu fermé accueillant plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de personnes, quelques secondes peuvent faire la différence entre une évacuation réussie et une catastrophe.

Les salles de fêtes sont-elles réellement contrôlées à Kinshasa ?

Le drame de Lingwala fait surgir une série de questions auxquelles les autorités compétentes devraient répondre publiquement :

  • Combien de salles de fêtes et d’espaces événementiels de Kinshasa ont réellement fait l’objet d’une inspection de sécurité ?
  • Combien disposent d’un système fonctionnel de détection d’incendie ?
  • Combien possèdent des extincteurs régulièrement entretenus et accessibles ?
  • Combien disposent de véritables issues de secours clairement identifiées et suffisamment dégagées ?
  • Les installations électriques sont-elles systématiquement inspectées avant l’ouverture de ces établissements et pendant leur exploitation ?
  • Qu’en est-il de l’utilisation des bouteilles de gaz, des réchauds, des chauffe-plats et des autres équipements utilisés dans la restauration lors des cérémonies ?
  • Les responsables des salles respectent-ils réellement la capacité maximale d’accueil ?
  • Le personnel est-il formé à l’évacuation des occupants et aux premiers gestes à poser en cas d’incendie ?
  • Et surtout : combien de ces établissements disposent d’un certificat de conformité obtenu après un véritable contrôle technique ?
    Ces questions ne sont ni secondaires ni théoriques.
    Elles concernent directement la vie des Congolais.
Quand les taxes prennent le pas sur la sécurité

Selon une source ayant requis l’anonymat, le problème dépasse largement la seule existence des autorisations administratives :

« Les autorités seraient davantage préoccupées par les taxes et les recettes que par la véritable viabilité et la sécurité des établissements », déplore cette source.

Cette affirmation, qui mérite d’être confrontée aux autorités compétentes, renvoie néanmoins à une perception largement répandue : dans certains cas, les contrôles pourraient devenir de simples formalités administratives, parfois fragilisées par la corruption.
Une inspection de sécurité ne peut pourtant pas se résumer à une visite de courtoisie suivie d’un rapport complaisant.

Un rapport de conformité ne doit jamais s’acheter.
Lorsqu’il est délivré sans contrôle sérieux, ce document peut devenir, à terme, le certificat administratif d’une catastrophe annoncée.
La sécurité des citoyens ne peut être négociée contre quelques billets de banque.

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Et les organisateurs des fêtes, que vérifient-ils ?

La responsabilité ne concerne pas uniquement les propriétaires des salles et les services de l’État.
Elle interpelle également les clients.
Lorsqu’une famille cherche une salle pour organiser un mariage, un anniversaire ou toute autre cérémonie, quels sont généralement les premiers critères ?

  • Le prix.
  • La beauté du cadre.
  • La capacité d’accueil.
  • La climatisation.
  • Le parking.
  • La décoration.
  • La sonorisation.
  • Parfois la localisation.

Mais combien de clients demandent à voir les extincteurs ?

  • Combien vérifient l’existence d’issues de secours ?
  • Combien s’assurent que les portes permettent une évacuation rapide ?
  • Combien demandent si les installations électriques ont récemment été contrôlées ?

Nous pensons souvent à la réussite de la fête, mais rarement à la manière dont nous pourrions en sortir rapidement en cas de danger.
Cette culture de la prévention doit changer.

Des mesures urgentes pour éviter d’autres tragédies

La mort de Guy Aloma devrait constituer un signal d’alarme pour Kinshasa et pour l’ensemble du pays.
Plusieurs mesures concrètes devraient être envisagées sans attendre:

  1. Un audit général des salles de fêtes

Les autorités provinciales et les services spécialisés devraient procéder à un recensement et à une inspection générale des salles de réception, hôtels, restaurants et autres espaces accueillant régulièrement un grand nombre de personnes.
Les établissements dangereux devraient être fermés jusqu’à leur mise en conformité.

  1. Des normes de sécurité obligatoires

Aucune salle ne devrait être autorisée à fonctionner sans :

  • des extincteurs fonctionnels et régulièrement entretenus ;
  • des issues de secours accessibles et clairement signalées ;
  • une installation électrique certifiée ;
  • un dispositif d’éclairage de secours ;
  • une capacité maximale clairement affichée ;
  • un plan d’évacuation ;
  • un personnel minimum formé aux premiers secours et à la gestion des incendies.
  1. Des contrôles réguliers et inopinés

Les inspections ne devraient pas intervenir uniquement avant l’ouverture d’un établissement.
Des contrôles réguliers et inopinés doivent permettre de vérifier si les normes continuent réellement d’être respectées.

  1. Des sanctions exemplaires
  • Toute personne reconnue responsable d’une négligence ayant contribué à mettre des vies en danger doit répondre de ses actes conformément à la loi.
  • La fermeture administrative temporaire ou définitive doit être envisagée pour les établissements qui refusent de respecter les exigences élémentaires de sécurité.
  1. Renforcer les capacités d’intervention

Les services anti-incendie doivent disposer de moyens humains, matériels et logistiques suffisants pour intervenir rapidement.
La rapidité d’intervention demeure l’un des éléments déterminants dans la limitation des pertes humaines et des dégâts matériels.

  1. Faire de la sécurité une culture collective

La prévention ne doit pas commencer lorsque le feu s’est déjà déclaré.
Elle doit être intégrée dans les habitudes des propriétaires, des organisateurs d’événements et des citoyens.
Avant de louer une salle, chaque client devrait pouvoir poser une question simple : « Si un incendie se déclare maintenant, comment allons-nous sortir ? »

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Guy Aloma ne doit pas être une victime de plus

La mort de notre confrère Guy Aloma pour qui la Directrice Générale de la une FM et unefm.cd Laurette Mandala Kisokele présente ses condoléances les plus attristées à sa famille biologique et toute la corporation, ne doit pas être reléguée au rang d’une simple tragédie qui suscite quelques jours d’émotion avant de disparaître de la mémoire collective.
Le pays avait encore besoin de ses services, de son expérience et de son regard professionnel.

Pour La DG de une FM et la unefm.cd , Son décès doit pousser les autorités à prendre des décisions fortes.
Car le développement d’un pays ne se mesure pas seulement au nombre de bâtiments construits, d’entreprises ouvertes ou de taxes perçues.
Il se mesure aussi à sa capacité à protéger les vies humaines.

Laurette Mandala Kisokele renchérit que les salles de fêtes sont aujourd’hui devenues un secteur économique particulièrement florissant à Kinshasa et dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo. Cette croissance doit impérativement s’accompagner d’un renforcement des exigences en matière de sécurité.
Faire du business ne peut jamais justifier la mise en danger des clients.

Laurette Mandala Kisokele appelle a cet effet, à une enquête sérieuse doit donc déterminer les causes exactes de l’incendie de la salle Panacée, établir les éventuelles responsabilités et permettre l’application de sanctions appropriées.
Mais au-delà de cette enquête, une réforme profonde de la prévention des incendies et du contrôle des lieux publics s’impose.

Parce qu’une catastrophe n’est jamais seulement une fatalité lorsqu’elle pouvait être évitée.
Et parce qu’après la disparition de Guy Aloma, la question n’est plus seulement de savoir ce qui s’est passé cette nuit-là à Lingwala.
La véritable question est désormais la suivante : combien de drames faudra-t-il encore avant que la sécurité des Congolais devienne une priorité absolue ?
La sécurité partout. La sécurité pour tous, a-t-elle conclu.

Lionel IPAKALA Y.

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