Lufu-Toto : l’abbé Roger Mufu appelle à la relance de l’ONATRA pour sauver une cité en crise

Face à la crise sociale et économique qui frappe la cité rurale de Lufu-Toto, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, l’abbé Roger Mufu, lance un vibrant appel aux autorités de l’ONATRA et au Gouvernement congolais. Pour le curé de la paroisse Christ-Roi, la relance des activités ferroviaires et industrielles dans cette cité constitue une urgence sociale, économique et nationale.

La situation scolaire préoccupante observée à Lufu-Toto, où plusieurs élèves continuaient à manquer à l’appel dans les écoles jusqu’à la matinée du Lundi 7 Septembre, révèle une crise beaucoup plus profonde.
Derrière les salles de classe où les enseignants sont présents, mais désertées par les apprenants se cache une réalité sociale difficile : celle d’une cité dont l’économie a longtemps reposé sur les activités de l’Office National des transports, ONATRA.
Située à environ 12 kilomètres de la cité de Kwilu-Ngongo, dans le district des Cataractes, territoire de Mbanza-Ngungu, Lufu-Toto fut autrefois l’un des centres importants du dispositif ferroviaire reliant Kinshasa à Matadi.

Une cité historiquement construite autour du chemin de fer

Pendant plusieurs décennies, Lufu-Toto a bénéficié de l’intensité des activités de l’ONATRA.
La cité occupait une place importante dans l’entretien et la maintenance de la ligne ferroviaire Matadi-Kinshasa. Elle abritait notamment des activités liées à la mécanique ferroviaire, à l’entretien des engins lourds et des infrastructures ainsi qu’à la fabrication des traverses en béton.
Cette activité industrielle et ferroviaire contribuait à la bonne santé de cette entreprise faisait vivre de nombreuses familles et contribuait directement à la vitalité économique de la localité.

Mais au fil des années, les difficultés rencontrées par l’entreprise publique ont progressivement entraîné le déclin de cette économie locale.
Aujourd’hui, de nombreuses familles, y compris parmi les travailleurs et anciens travailleurs liés à l’ONATRA, vivent dans des conditions de plus en plus précaires. Pour certaines d’entre elles, les activités champêtres sont devenues l’une des principales alternatives de survie.

L’abbé Roger Mufu tire la sonnette d’alarme

Face à cette réalité, l’abbé Roger Mufu, curé de la paroisse catholique Christ-Roi, refuse de rester silencieux.
Contacté par la rédaction de la unefm.cd , le prélat catholique a interpellé les autorités compétentes sur l’urgence de sauver Lufu-Toto de son déclin économique et social.
Son message est clair : la relance de l’ONATRA doit également passer par la redynamisation de ses anciens centres stratégiques, parmi lesquels figure Lufu-Toto.

Le curé appelle notamment à la réhabilitation des principales infrastructures industrielles de la cité, dont l’atelier mécanique destiné aux engins ferroviaires et les installations liées à la fabrication des traverses en béton .

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« Lufu-Toto ne doit pas être oublié »

Pour l’abbé Roger Mufu, Lufu-Toto représente bien plus qu’une simple cité rurale.
Son histoire est intimement liée au développement du chemin de fer Matadi-Kinshasa et à l’évolution de l’ONATRA.
La relance de cette localité pourrait ainsi contribuer à la revitalisation économique des familles et au renforcement des activités ferroviaires sur cet important corridor national.
Le prélat catholique dit également placer beaucoup d’espoir dans les efforts entrepris par la Direction Générale actuelle de l’ONATRA, dirigée par Martin Lukusa Panu, en faveur de la reprise et de la modernisation des activités de l’entreprise publique. Particulièrement, la reprise du trafic ferroviaire Matadi -Kinshasa avec le train Express et le train marchandise ainsi que d’autres initiatives salvatrices pour la viabilité de trajet long de 365 km.
Selon lui, les initiatives engagées pour la relance du trafic ferroviaire doivent également profiter aux centres historiques qui ont longtemps constitué les piliers de l’activité de l’entreprise.

Un appel aux responsables des Chemins de fer et des Ressources humaines

L’abbé Roger Mufu compte aussi sur l’implication des responsables directement concernés par la situation de Lufu-Toto.
Il interpelle notamment le directeur Bongwala, responsable du département des Chemins de fer, ainsi que Kayembe, chargé des Ressources humaines, afin qu’une attention particulière soit accordée aux infrastructures et aux conditions sociales des nombreux agents de l’ONATRA vivant dans cette cité.
Pour le curé de Christ-Roi, la relance économique ne peut être dissociée de l’amélioration des conditions sociales des familles.
La situation actuelle, marquée notamment par les difficultés rencontrées par plusieurs parents pour assurer la scolarisation de leurs enfants, constitue selon lui un indicateur préoccupant de la profondeur de la crise.

Le Gouvernement également interpellé

Au-delà de la Direction Générale de l’ONATRA, l’abbé Roger Mufu appelle également le Gouvernement congolais à renforcer son accompagnement dans le processus de relance de cette entreprise publique stratégique.
Car, estime-t-il, la renaissance de l’ONATRA ne concerne pas uniquement le transport ferroviaire.
Elle représente également un enjeu économique et social majeur pour les milliers de Congolais dont la survie dépend directement ou indirectement des activités de cette entreprise.

Lufu-Toto en est l’une des illustrations.
L’absence persistante des élèves dans les écoles, constatée jusqu’au matin du Lundi 7 Septembre malgré les appels lancés dans les différentes paroisses, montre combien la crise économique peut désormais avoir des répercussions sur l’avenir même des enfants.
À Lufu-Toto, la relance de l’ONATRA apparaît donc comme bien plus qu’un projet industriel.
Elle est devenue, pour de nombreuses familles, un espoir de renaissance sociale, économique et éducative.

Lionel IPAKALA Y.

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