La République Démocratique du Congo vient-elle de priver le Rwanda de son principal argument pour justifier son intervention militaire sur le territoire congolais ? Pour Bienvenu Bakumanya, Directeur Général de l’Agence Congolaise de Presse (ACP), la réponse est affirmative. Réagissant aux nouveaux engagements pris par la RDC dans le cadre du processus de désarmement et d’éloignement des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), le DG de l’ACP estime que Kinshasa vient de s’attaquer directement à ce qu’il considère comme le principal prétexte sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier son intervention en RDC.
Selon Bienvenu Bakumanya, le plan prévoit deux alternatives pour les FDLR :
» leur retour volontaire au Rwanda ou leur délocalisation hors des frontières de la République Démocratique du Congo. Il souligne que les branches politique et militaire des FDLR ont adhéré à ce plan. »
Pour le DG de l’ACP, cette adhésion et ces nouvelles dispositions constituent une évolution majeure dans la recherche d’une solution à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC :
« Avec cette mesure, on est en droit de considérer que désormais, la RDC a mis définitivement fin au principal et fallacieux prétexte du Rwanda d’envahir et d’agresser la RDC pour éradiquer la menace FDLR », estime-t-il.
Dans cette logique, Bienvenu Bakumanya considère que la disparition de cet argument sécuritaire place désormais Kigali devant une nouvelle réalité :
« Kigali doit désormais créer un autre prétexte », affirme-t-il.
Les FDLR mises hors-jeu dans le cadre de l’Accord de Washington
Pour le Directeur Général de l’ACP, la démarche engagée par Kinshasa s’inscrit dans la volonté de la RDC de prendre ses responsabilités dans le cadre de l’Accord de Washington, notamment sur la question des FDLR.
Il relève cependant que, malgré la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, les troupes rwandaises demeurent présentes en RDC :
« Malgré la résolution 2773, les troupes rwandaises sont toujours sur le sol congolais pour des raisons de prédation », soutient Bienvenu Bakumanya.
Selon lui, c’est précisément pour cette raison que la RDC a décidé d’agir sur la question des FDLR afin de lever l’argument sécuritaire régulièrement avancé par Kigali :
« C’est pour cette raison que la RDC a pris ses responsabilités dans le cadre de l’Accord de Washington en mettant hors-jeu les FDLR », explique-t-il.
« Le monde se rendra désormais compte de l’évidence de la prédation »
Bienvenu Bakumanya estime par ailleurs que la question de la motivation réelle de la présence des troupes rwandaises en RDC pourra désormais être davantage mise en évidence.
Selon son analyse, cette présence serait motivée non plus par une préoccupation sécuritaire liée aux FDLR, mais par une volonté de prédation :
« La présence des troupes rwandaises sur le sol congolais est motivée par la volonté de prédation », affirme-t-il, rappelant que le président Félix Tshisekedi s’emploie, selon lui, depuis longtemps à dénoncer cette situation :
« Le président Tshisekedi s’évertue à l’expliquer depuis toujours. Le monde se rendra désormais compte de l’évidence de la prédation », poursuit le DG de l’ACP.
À ses yeux, la neutralisation de l’argument sécuritaire avancé par Kigali permettra désormais de mieux apprécier les motivations de la présence militaire rwandaise en République Démocratique du Congo :
« Il reste pour la RDC de faire effectivement la guerre contre le Rwanda »
Pour Bienvenu Bakumanya, la suppression de ce qu’il considère comme le principal prétexte sécuritaire du Rwanda ouvre une nouvelle étape dans le conflit :
« Maintenant que le prétexte sécuritaire est supprimé par le génie diplomatique, il reste pour la RDC de faire effectivement la guerre contre le Rwanda », conclut le Directeur Général de l’Agence Congolaise de Presse.
Lionel IPAKALA Y.
