Après plus de trois décennies de délocalisation, l’Union Africaine des Télécommunications (UAT) s’apprête à retrouver Kinshasa. La décision, validée le 23 Juillet à Abuja, marque une nouvelle étape dans le repositionnement de la République Démocratique du Congo au sein des grandes institutions africaines et internationales du secteur des postes et télécommunications.
Un siège historique bientôt de retour à Kinshasa
C’est une bataille diplomatique et institutionnelle qui touche à son aboutissement. Après 34 ans de présence à Nairobi au Kenya, de suite des événements malheureux de pillages survenus à Kinshasa, le siège de l’Union Africaine des Télécommunications devrait prochainement revenir dans la Capitale de la République Démocratique du Congo, son siège statutaire.
La décision a été entérinée le 23 juillet 2026 à Abuja, au Nigeria, à l’occasion de la 7ᵉ Conférence des plénipotentiaires de l’UAT.
Le nouveau Secrétaire Général de l’organisation, le Zambien Kezias Kazuba Mwale, doit ainsi établir ses bureaux dans la capitale congolaise à compter de janvier 2027. Pour le ministère des Postes et Télécommunications, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication dirigé par Me José Mpanda Kabangu, cette relocalisation constitue l’un des résultats majeurs des démarches entreprises auprès des partenaires africains.

Plus de 1,4 million USD pour solder les arriérés
Le retour de l’UAT à Kinshasa intervient après le règlement, par la RDC, de ses arriérés et pénalités envers l’organisation, évalués à plus de 1,4 million de dollars américains.
Des bureaux destinés à accueillir provisoirement l’UAT sont déjà disponibles au 6ᵉ niveau de l’immeuble Safi, sur le boulevard du 30 Juin, à proximité d’Ecobank.
Cette installation devrait servir de solution transitoire en attendant la construction du siège propre de l’organisation, projet que le ministère des Postes et Télécommunications entend accompagner.
Au-delà de la symbolique, ce retour devrait permettre à la RDC de récupérer un siège au Conseil d’administration de l’UAT, renforçant ainsi sa participation aux mécanismes de décision de l’organisation.
L’UPU : Kinshasa récupère son droit de vote
Le dossier UAT n’est toutefois pas le seul acquis revendiqué par le ministère.
Depuis Septembre 2025, la République Démocratique du Congo a retrouvé son droit de parole et de vote à l’Union Postale universelle (UPU), après plusieurs décennies de suspension consécutive au non-paiement de ses contributions. Pour le ministère, cette récupération des droits constitue un autre signal du retour progressif de la RDC dans les instances internationales du secteur postal.

Objectif 2027 : un siège au Conseil de l’UIT
La prochaine bataille diplomatique est déjà engagée.
Me José Mpanda Kabangu travaille désormais à faire élire la RDC au Conseil de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) pour le mandat 2027-2030.
Le ministre a déjà entamé des consultations diplomatiques auprès des représentations étrangères accréditées à Kinshasa. Il a également porté le message de la candidature congolaise à Abuja, devant les plénipotentiaires de l’UAT et d’autres acteurs du secteur.
La formalisation de cette candidature est annoncée pour Novembre 2026 à Doha, au Qatar.
Tshisekedi-Mpanda : une diplomatie qui veut replacer la RDC au centre du jeu
À travers ces différentes initiatives, le ministère des Postes et Télécommunications, Nouvelles Technologies de l’Information et de Communication, entend inscrire son action dans la vision diplomatique du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, qui mise sur le renforcement de la présence de la RDC dans les organisations régionales et internationales.
Le retour annoncé de l’UAT à Kinshasa après 34 ans, la récupération des droits de vote à l’UPU et la candidature envisagée au Conseil de l’UIT constituent, pour le ministère, trois marqueurs d’un même objectif : faire revenir la RDC à la table des décisions dans le secteur des postes et des télécommunications.
Pour José Mpanda Kabangu, l’enjeu dépasse donc la seule administration d’un secteur. Il s’agit de restaurer les droits du pays, de renforcer sa représentation institutionnelle et de consolider sa place dans les instances continentales et internationales. Ceci n’est pas question d’un mandat, mais relève plutôt d’une mission.
Lionel IPAKALA Y.
