La riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola fait face à d’importantes difficultés dans la Province de la Tshopo, notamment en raison de la résistance de certaines communautés aux activités des équipes sanitaires.
Le ministre provincial de la Santé, Dr Simon Bokongo Kawaya, a présidé vendredi 21 août la réunion du comité provincial de lutte contre Ebola, au cours de laquelle la situation épidémiologique a été examinée. Les membres du comité ont fait état d’une évolution préoccupante de l’épidémie dans la province.
D’après les statistiques présentées lors de cette réunion, 15 cas de maladie à virus Ebola ont été confirmés, dont quatre personnes déclarées guéries. Sur les 488 contacts identifiés, 446 font actuellement l’objet d’un suivi par les équipes médicales.
L’épidémie touche désormais sept des 23 zones de santé que compte la province. Par ailleurs, 75 alertes ont été enregistrées, tandis que 40 personnes, principalement des prestataires de santé de première ligne, sont prises en charge, selon les données de la Division provinciale de la Santé de la Tshopo.
Face à cette situation, le ministre provincial de la Santé appelle au renforcement des mesures de prévention et de sensibilisation. Il insiste notamment sur le respect des dispositifs de contrôle installés aux barrières, où les voyageurs et autres usagers sont soumis au lavage des mains et au contrôle de la température.
« Il faut encore peaufiner les stratégies pour lutter contre la propagation de cette épidémie », a déclaré Simon Bokongo Kawaya, qui estime également nécessaire d’intensifier la sensibilisation auprès des communautés locales et le long des points de contrôle.
Le ministre a, par ailleurs, déploré les menaces dont sont victimes certains agents de santé, particulièrement dans le territoire de Bafwasende. Il appelle les services de sécurité à intervenir pour protéger les équipes engagées dans la riposte et empêcher toute perturbation de leurs activités.
Sur le terrain, la circulation de rumeurs autour de l’épidémie contribue également à alimenter la méfiance d’une partie de la population. Cette situation complique le travail des équipes médicales, confrontées à des résistances qui entravent leurs interventions auprès des communautés.
Les autorités sanitaires de la Tshopo appellent ainsi à une mobilisation accrue de l’ensemble des acteurs, notamment les leaders communautaires, les services de sécurité et la population, afin de renforcer l’adhésion aux mesures de prévention et de contenir la propagation du virus Ebola dans la province.
Gabriel Makabu, correspondant/ Kisangani
