Chanvre industriel en RDC : l’autorisation du Gouvernement suscite une vive controverse

L’annonce de l’autorisation de la culture du chanvre industriel en République Démocratique du Congo continue d’alimenter le débat. Portée par le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, cette initiative, présentée comme destinée à des usages médicaux et industriels, suscite déjà des réserves dans certains milieux politiques.

Parmi les voix qui s’élèvent contre cette décision figure Kambale Musemo Daniel, ancien député du territoire de Beni. Celui-ci exprime une opposition ferme à l’introduction de cette culture, qu’il juge potentiellement préjudiciable à la population de Beni et, plus largement, à l’ensemble du pays.

Selon cet acteur politique, la culture du chanvre pourrait, en l’absence d’un dispositif de contrôle suffisamment rigoureux, ouvrir la voie à des dérives liées à l’usage du cannabis. Ses inquiétudes portent particulièrement sur les risques de détournement de cette production à des fins de consommation, notamment dans les zones où la surveillance des cultures serait difficile.

Pour étayer sa position, Kambale Musemo Daniel invoque notamment l’ordonnance-loi du 22 Janvier 1903, qui prohibe certaines activités liées au chanvre destiné à être fumé, notamment sa culture, sa vente, son transport et sa détention.
Cette prise de position relance ainsi le débat sur le cadre juridique devant encadrer la culture du chanvre industriel en RDC.

Elle met également en évidence la nécessité d’établir une distinction rigoureuse entre le chanvre industriel, cultivé pour des applications réglementées, et le cannabis destiné à la consommation récréative.
Au-delà de la controverse, la décision gouvernementale soulève plusieurs interrogations : quelles seront les modalités d’autorisation des exploitations ?

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Quels mécanismes permettront d’assurer la traçabilité de la production ? Quelles garanties seront mises en place pour prévenir les détournements et protéger les populations ?
La mise en œuvre de cette initiative devrait donc être accompagnée d’un dispositif juridique, administratif et sécuritaire suffisamment strict afin de concilier les perspectives économiques et industrielles du chanvre avec les impératifs de santé publique et de sécurité

Fiston Muhindo Correspondant/ Nord-Kivu

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