Train urbain Gare centrale–Ndjili : l’ONATRA relève le défi de la mobilité à Kinshasa

La reprise effective, depuis Mercredi 19 Août, du train urbain reliant la Gare centrale à l’aéroport international de Ndjili marque une nouvelle étape dans l’amélioration de la mobilité à Kinshasa. Portée par le Comité dirigeant de l’ONATRA sous la conduite de son Directeur Général, Martin Lukusa Panu, cette desserte vient soulager les usagers de l’est de la capitale, particulièrement exposés aux embouteillages du boulevard Lumumba.

Après près de quinze années d’interruption, le train urbain reprend ainsi du service sur l’axe Gare centrale–aéroport international de Ndjili. Une relance qui répond à une attente longtemps exprimée par les Kinois, notamment ceux résidant dans les communes et quartiers de l’est de la capitale.

Cette reprise s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, qui a fait de la mobilité des Congolais l’un des axes de son action publique. Elle constitue également une réponse aux difficultés quotidiennes des usagers contraints d’emprunter le boulevard Lumumba, principal corridor routier vers l’aéroport international de Ndjili et régulièrement confronté à d’importants embouteillages.

Trois catégories de services

Pour cette desserte ferroviaire, l’ONATRA propose trois catégories de voyage. La deuxième classe est fixée à 2.000 francs congolais, la première classe à 3.000 francs, tandis que la classe de luxe, équipée notamment de la climatisation, coûte 5.000 francs congolais.
Les premières appréciations des voyageurs sont globalement positives concernant les conditions de transport.

Des wagons équipés de sièges jugés confortables ainsi que des installations sanitaires entretenues contribuent à améliorer l’expérience des passagers.
Toutefois, le tarif de la deuxième classe suscite déjà des réactions parmi certains usagers. Plusieurs voyageurs estiment que le prix de 2.000 francs congolais reste élevé pour un service public à vocation sociale.
Ils plaident pour un tarif ramené à 1.000 francs, considéré comme davantage accessible aux catégories les plus modestes.

L’ONATRA plaide pour une subvention publique

Contacté par la rédaction de la Unefm.cd, le Directeur Bongwala, responsable du Département des chemins de fer de l’ONATRA, a expliqué les contraintes qui entourent la fixation des tarifs :

« Le tarif ainsi fixé ne parvient pas à couvrir nos charges d’exploitation. Il est discriminé en fonction des classes et reste de loin inférieur aux frais actuellement exposés par la population pour le trajet desservi, indépendamment des tracasseries liées à la route », explique-t-il.

Pour le responsable du Département des chemins de fer, la pérennisation de cette desserte nécessite un accompagnement financier de l’État. Il estime que cette activité, dont l’impact social est particulièrement important, devrait bénéficier d’une subvention publique à l’instar de celle accordée à Transco.
Selon lui, le train constitue un levier majeur de mobilité urbaine et son potentiel pourrait être davantage exploité pour répondre aux besoins croissants de déplacement dans la capitale.

Une exploitation confrontée à de lourdes contraintes

L’ONATRA fait cependant face à plusieurs difficultés qui pèsent sur l’équilibre financier de cette exploitation. Parmi celles-ci figurent notamment la forte proportion de voyageurs non payants, dont certains militaires et agents des services de l’État, ainsi que la fraude dans les transports.

Dans ce contexte, l’entreprise appelle à une attention soutenue du Gouvernement afin d’alléger les charges liées à cette activité et de poursuivre l’amélioration des infrastructures et des équipements ferroviaires.

Au-delà de la seule reprise du train urbain, l’enjeu est donc de consolider durablement le transport ferroviaire à Kinshasa. Pour l’ONATRA, l’amélioration des conditions de circulation du train demeure l’un des moyens les plus efficaces pour offrir aux Kinois une alternative crédible face à la congestion routière.

Matadi–Kinshasa, prochain grand chantier

Après la relance du trafic urbain, le prochain défi majeur demeure la reprise du train express et du trafic marchandises sur l’axe Matadi–Kinshasa.
Des travaux de grande envergure sont engagés sur cette ligne longue de 365 kilomètres. Ils portent notamment sur le renouvellement des rails, avec une première acquisition couvrant 170 kilomètres, l’entretien de plusieurs ouvrages d’art, dont des ponts, ainsi que l’acquisition de nouveaux wagons et locomotives.

La modernisation de cet axe stratégique doit permettre de renforcer à la fois le transport des voyageurs et l’acheminement des marchandises entre le Kongo Central et Kinshasa.
Pour l’ONATRA, la reprise du train urbain Gare centrale–Ndjili constitue ainsi bien plus qu’une simple remise en service.

Elle représente une étape supplémentaire dans la reconstruction du transport ferroviaire congolais et dans la mise en œuvre d’une politique de mobilité adaptée aux besoins d’une métropole de plus de dix millions d’habitants.

Lionel IPAKALA Y.

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