Le rapprochement de l’ancien Président Joseph Kabila avec le M23-AFC et le Rwanda constitue une « officialisation de la guerre contre le peuple », a affirmé le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, cité par l’ACP.
Intervenant Lundi 19 Octobre sur Top Congo FM, le porte-parole du Gouvernement congolais a vivement critiqué le positionnement de l’ancien chef de l’État, estimant que son engagement aux côtés des responsables du mouvement armé et de Kigali marque un tournant dans la crise sécuritaire qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Patrick Muyaya a notamment insisté sur le contraste entre les anciennes fonctions de Joseph Kabila et ses nouvelles alliances politiques et militaires.
Président de la République pendant 18 ans et ancien commandant suprême des FARDC, celui-ci se retrouve désormais, selon le ministre, dans le même camp que certains responsables militaires du M23 qu’il avait combattus ou écartés de l’armée durant son mandat.
Le porte-parole du Gouvernement a cité notamment Sultani Makenga, l’un des principaux chefs militaires du M23, pour illustrer ce qu’il considère comme une évolution contradictoire de la trajectoire politique de l’ancien Président.
Kinshasa dénonce une « congolisation » du conflit
Pour Patrick Muyaya, l’implication de Joseph Kabila dans cette dynamique renforcerait la thèse défendue par Kinshasa d’un soutien rwandais au M23-AFC. Le ministre accuse par ailleurs Kigali de chercher à présenter le conflit comme une confrontation essentiellement congolaise :
« Leur père Kagame a dit qu’il est sous pression, il faut congoliser le mouvement », a-t-il déclaré, estimant que l’entrée en scène de l’ancien Président contribue à donner une apparence congolaise à une crise que le gouvernement considère comme une agression extérieure ;
« C’est un groupe armé qui masque l’agression du Rwanda », a encore affirmé Patrick Muyaya, en référence au rapport du groupe d’experts des Nations unies publié en juin 2026, que Kinshasa considère comme un élément venant étayer ses accusations contre Kigali.
Washington et Doha toujours au centre de la stratégie de Kinshasa
Malgré cette nouvelle confrontation politique, le Gouvernement congolais affirme maintenir son engagement en faveur des mécanismes diplomatiques destinés à mettre fin aux hostilités dans l’est du pays.
Patrick Muyaya a ainsi rappelé les engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha, notamment sur le cessez-le-feu, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) :
« Nous, nous avons des engagements pour la paix que nous avons plusieurs fois réitérés, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, à l’accord de Washington ou encore au protocole de Doha », a-t-il martelé.
Sur le plan politique interne, Kinshasa maintient toutefois une position ferme sur la question du dialogue national. Celui-ci doit, selon le Gouvernement, contribuer à consolider la cohésion nationale et les institutions, sans ouvrir la voie à une prise de pouvoir par les armes.
Lionel IPAKALA Y.
