Interviewer Joseph Kabila sur sa rébellion ? Pour Christian Bosembe, la réponse est non, tant qu’il s’agit de lui offrir une tribune susceptible de légitimer son action armée. Le président du CSAC l’a affirmé le Lundi 19 Octobre, lors du Space Live animé par Stany Bujakera sur X.
Un journaliste congolais peut-il recevoir Joseph Kabila et l’interroger sur son engagement dans la rébellion ? « Sans réfléchir, non », a répondu Christian Bosembe, Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), lors d’un Space Live animé par le journaliste Stany Bujakera sur le réseau social X.
Pour le régulateur des médias, la question ne se limite pas à la possibilité technique ou journalistique d’interviewer l’ancien Président de la République.
Elle renvoie surtout à la responsabilité éditoriale du journaliste et au risque de transformer une interview en plateforme de promotion d’un mouvement armé.
Christian Bosembe a notamment rappelé que Joseph Kabila a dirigé la RDC pendant 18 ans avant, selon lui, de s’engager dans une démarche visant à remettre en cause par les armes les institutions qu’il avait contribué à mettre en place. Il a également fait référence à sa condamnation dans le cadre des poursuites évoquées à son encontre.
Le CSAC distingue information et apologie
Le Président du CSAC s’est appuyé sur l’article 6 de la loi organique régissant le Conseil, qui interdit notamment l’apologie du crime, pour préciser la ligne rouge fixée aux professionnels des médias.
Il assure toutefois que le régulateur ne cherche pas à empêcher les journalistes de traiter l’actualité liée à Joseph Kabila ou à son mouvement.
Rapporter les faits demeure possible, insiste-t-il. C’est plutôt la finalité du contenu diffusé qui serait déterminante.
Autrement dit, un reportage peut évoquer, documenter ou analyser la rébellion sans pour autant en faire la promotion.
En revanche, tout contenu qui chercherait à glorifier, légitimer ou susciter l’adhésion au FRN serait susceptible d’exposer son auteur ou son média à des sanctions.
Christian Bosembe prévient ainsi que le CSAC pourrait aller jusqu’à la suspension des médias concernés, « sans le moindre remords », si leurs productions franchissaient, selon son appréciation, la limite entre traitement journalistique de l’information et promotion d’un mouvement armé.
La sortie du président du CSAC intervient alors que la question du traitement médiatique de Joseph Kabila et de sa rébellion s’impose progressivement dans le débat public congolais. Elle pose, en creux, celle de l’équilibre entre liberté de la presse, droit à l’information et responsabilité éditoriale dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible.
Lionel IPAKALA Y.
