La Dynamique des Cadres de l’UDPS pour la 4ᵉ République (DYCUR) apporte son soutien à la convocation du dialogue inclusif intercongolais annoncée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, tout en appelant à faire de ce processus un véritable levier de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État. Dans sa déclaration 006/2026 du 29 août, cette structure politique estime que le dialogue ne devrait être ni un simple forum de partage du pouvoir ni un nouvel arrangement entre acteurs politiques, mais un cadre où les préoccupations exprimées par les populations à la base remontent jusqu’au niveau national. Sous le mot d’ordre « Que le peuple parle d’abord », la DYCUR plaide également pour une articulation claire entre le processus de Doha, consacré notamment à la résolution du conflit armé dans l’Est, et le dialogue national, appelé selon elle à réarmer la démocratie, renforcer les institutions et prévenir durablement la répétition des crises qui secouent la République démocratique du Congo. La rédaction de la unefm.cd la publie in extenso.
DYNAMIQUE DES CADRES DE L’UDPS POUR LA 4ᵉ RÉPUBLIQUE
« Que le peuple parle d’abord »
Déclaration 006/2026 du 29 août 2026
La Dynamique des Cadres de l’UDPS pour la 4ᵉ République (DYCUR) a suivi avec attention l’adresse du Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, consacrée au dialogue national.
La DYCUR salue l’initiative et surtout son ambition : faire du dialogue non pas un énième rendez-vous politique, mais un instrument de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État.
La DYCUR apporte un soutien responsable et lucide à cette démarche.
- LA PYRAMIDE RENVERSÉE : QUE LE PEUPLE PARLE D’ABORD
La DYCUR considère comme une évolution majeure la volonté de partir des territoires et des provinces pour faire remonter les préoccupations du pays vers une synthèse nationale.
C’est le principe de la pyramide renversée. Hier, les élites parlaient au nom du peuple. Désormais, le Président de la République propose que le peuple parle d’abord.
La DYCUR estime que c’est précisément ce qui doit distinguer ce dialogue des précédents : ne plus commencer par les états-majors politiques, les postes ou les arrangements de pouvoir, mais par les réalités vécues par les Congolais.
La C64 a le droit de contester. C’est le principe même du pluralisme démocratique. Mais si l’on réclame depuis longtemps une table de dialogue, il serait paradoxal de refuser aujourd’hui un processus qui propose d’abord d’écouter le pays.
Notre position est simple : entre une table où quelques-uns parlent du Congo et un processus où le Congo parle de lui-même, nous choisissons le peuple.
Le peuple ne doit plus être l’objet du dialogue. Il en est la source, le sujet et l’arbitre ultime.
- UN DIALOGUE POUR REFONDER L’ÉTAT, PAS POUR PARTAGER L’ÉTAT
La RDC n’a pas besoin d’un dialogue supplémentaire destiné à distribuer des postes ou à fabriquer un nouvel arrangement politique. Elle a besoin de répondre aux questions qui déterminent son avenir : autorité de l’État, sécurité, justice, cohésion nationale, gouvernance, décentralisation, développement, réconciliation et restauration durable de la confiance entre Congolais.
La refondation de l’État doit être le cœur du processus.
Pour la DYCUR, la question fondamentale n’est donc pas seulement : « Qui gouvernera demain ? » Mais surtout : « Quel État voulons-nous laisser aux générations futures ? »
Le dialogue doit produire des engagements, une feuille de route et des mécanismes de suivi. Sinon, il ne sera qu’un forum de plus.

- DOHA POUR LA GUERRE, LE DIALOGUE NATIONAL POUR LA RÉPUBLIQUE
La DYCUR estime également indispensable de distinguer les mandats sans opposer les processus.
Le processus de Doha doit continuer à traiter les questions directement liées au conflit armé avec l’AFC/M23 : cessez-le-feu, sécurité, désengagement, désarmement, retour des déplacés, questions humanitaires et restauration de l’autorité de l’État.
Le dialogue national, lui, doit permettre aux Congolais de réfléchir à leur coexistence politique, à leurs institutions et à leur avenir commun.
Cette distinction est importante : on peut négocier avec une force armée pour mettre fin à une guerre sans lui reconnaître automatiquement un droit à définir l’ordre institutionnel national.
Car une démocratie ne peut créer le précédent selon lequel : prendre les armes, conquérir un territoire et créer un rapport de force militaire deviendrait une voie d’accès à la représentation politique nationale.
La DYCUR ne refuse donc ni la paix ni la réconciliation. Elle défend un principe simple : la porte de la République doit rester ouverte à ceux qui renoncent à la violence ; la violence, elle, ne doit jamais devenir une porte d’entrée vers les institutions.
Doha doit désarmer le conflit ; le dialogue national doit réarmer la démocratie.
L’inclusivité élargit la participation mais ne doit pas dissoudre les règles démocratiques.
- LA DIMENSION GÉOPOLITIQUE : UN CONGO DIVISÉ EST UN CONGO VULNÉRABLE
La crise congolaise possède une dimension interne, régionale et internationale.
La DYCUR considère que la cohésion nationale constitue désormais une question de souveraineté et de puissance diplomatique.
Plus le Congo sera divisé intérieurement, plus il sera vulnérable aux influences et aux rapports de force extérieurs.
Le dialogue doit donc permettre au Congo de retrouver une parole nationale suffisamment forte pour défendre ses intérêts dans les différents processus diplomatiques et régionaux.
La paix à l’Est ne sera durable que si elle s’accompagne d’une consolidation de l’État à l’intérieur.
- À L’OPPOSITION : ENTREZ DANS L’HISTOIRE PAR LA PROPOSITION
La DYCUR respecte pleinement le droit de l’opposition à contester, critiquer et proposer une alternative. Mais le refus préalable et le boycott systématique ne peuvent tenir lieu de stratégie nationale.
Lorsqu’une initiative prétend répondre aux préoccupations du pays, la responsabilité politique commande d’en débattre, d’y porter ses exigences et d’en défendre ses propres propositions.
Nous invitons donc toutes les forces politiques à venir avec leurs idées, leurs critiques et leurs solutions, et à les soumettre au peuple.
Car le dialogue ne doit être ni le monopole du pouvoir, ni celui de l’opposition : il appartient à la Nation.
Le Congo ne doit plus être seulement le pays où l’on négocie les crises. Il doit devenir le pays qui construit enfin les mécanismes permettant de les prévenir.
Du caoutchouc rouge sous Léopold II aux minerais de sang ou Genocost qui alimentent encore les conflits aujourd’hui, le peuple congolais a trop payé le prix de ses richesses.
Il est temps de briser ce cycle.
Le Congo doit désormais entrer dans une nouvelle ère : celle d’un peuple mûr, conscient et préparé à exercer pleinement sa souveraineté, et d’une classe politique au service du développement, de la paix et de la prospérité nationale.
Notre histoire ne doit plus seulement nous rappeler ce que nous avons subi ; elle doit nous inspirer à construire ce que nous voulons devenir.
Que vive le dialogue !
Que vive la paix !
Que vive la République démocratique du Congo !
Que vive le peuple congolais !


KANGULU LOBO Daddy
Coordonnateur
