RDC : l’IGF mise sur une communication stratégique pour renforcer sa crédibilité et protéger les finances publiques

L’Inspection Générale des Finances (IGF) doit s’appuyer sur une communication stratégique et maîtrisée pour consolider sa crédibilité, renforcer la discipline budgétaire et mieux protéger les ressources publiques. C’est ce qu’a déclaré le professeur Jean Chrétien Ekambo lors d’un séminaire de renforcement des capacités organisé à Kinshasa à l’intention des partenaires de l’IGF, notamment les médias et les organisations de la société civile, a rapporté l’Agence Congolaise de Presse (ACP).

Intervenant en qualité d’expert paneliste, le professeur Jean-Chretien Ekambo Duasenge a souligné qu’une communication institutionnelle efficace constitue un outil essentiel pour améliorer la gouvernance financière et rassurer les partenaires économiques de la République Démocratique du Congo :

« Une communication inadéquate autour des missions de contrôle fragilise la protection des ressources publiques. À l’inverse, une communication renforcée valorise l’action de l’IGF et contribue à une meilleure gestion des finances de l’État », a-t-il expliqué.

Ce Communicologue et Professeur Émérite a présenté le concept de « communication augmentée », fondé sur quatre principaux canaux de diffusion. Les médias traditionnels sont appelés à relayer avec rigueur les faits, les chiffres et les résultats des audits.

Les plateformes numériques, notamment les influenceurs et créateurs de contenus, ont pour mission de vulgariser les questions financières auprès du grand public.
À ces outils s’ajoutent les arts du spectacle, qui permettent de sensibiliser la population à la lutte contre les antivaleurs à travers des messages accessibles et engageants, ainsi que les supports visuels tels que les affiches et banderoles, destinés à rappeler en permanence les principes de bonne gouvernance dans l’espace public.

Dissiper les malentendus pour préserver la confiance des investisseurs

Selon l’ACP, le professeur Ekambo a également mis en garde contre les conséquences économiques que peuvent engendrer certaines interprétations erronées du rôle de l’IGF.
Il a indiqué que lorsque l’opinion publique pense à tort que l’institution cible les citoyens ordinaires, cela peut fragiliser la confiance des investisseurs et affecter le climat des affaires.

En revanche, une meilleure compréhension de son mandat réel, limité au contrôle des entités publiques et parapubliques, renforce la confiance dans la gestion des finances publiques.
L’expert en communication a rappelé que les missions de contrôle de l’IGF concernent exclusivement les institutions et organismes publics, et non les particuliers.
Abordant les fondements d’une communication institutionnelle réussie, il a identifié trois piliers majeurs :

  • la circulation fluide de l’information entre l’État, les entreprises, les médias et l’opinion publique ;
  • l’établissement d’un climat de confiance favorisant les échanges économiques ;
  • ainsi que le maintien du dialogue pour atteindre les objectifs de gouvernance sans rompre la coopération entre les différents acteurs :

« La rupture de la coopération ouvre la voie à la fraude, au détournement et au gaspillage des ressources publiques. À l’inverse, la coopération favorise la transparence et la bonne gouvernance », a conclu le professeur Jean Chrétien Ekambo.

Lionel IPAKALA Y.

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