Paie des agents: Suminwa reçoit le rapport de l’IGF

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé ce vendredi à la Primature une réunion consacrée à l’audit des états liquidatifs de la paie des agents et fonctionnaires de l’État. La rencontre a réuni la Commission chargée du suivi de cet audit autour de la Cheffe du Gouvernement pour examiner le rapport à mi-parcours présenté par l’Inspection générale des finances (IGF).

À l’issue des travaux, l’Inspecteur général des finances-chef de service, Christophe Bisimwa, a indiqué que la première phase de l’audit, consacrée à l’analyse des états liquidatifs, est désormais achevée.

«Nous avons fini la première étape de ce travail qui est l’analyse de l’état liquidatif. Nous avons présenté des conclusions à mi-parcours et non définitives. Le travail de terrain doit se poursuivre à partir de lundi. Nous allons descendre auprès de tous les services qui gèrent le personnel afin d’analyser les anomalies et écarts constatés. Ce n’est qu’à l’issue de cette étape que nous disposerons d’un rapport final », a-t-il expliqué.

Cette deuxième phase vise à identifier l’origine des incohérences relevées dans les fichiers de paie et à proposer des mesures correctives pour renforcer la transparence et l’efficacité du système. Les équipes de l’IGF se rendront auprès des différentes structures en charge de la gestion du personnel de l’État pour confronter les données déclarées aux réalités de terrain.

Parmi les principales recommandations formulées au Gouvernement, l’IGF préconise la mise en place d’un système unifié de gestion de la paie. Pour Christophe Bisimwa, les dysfonctionnements observés trouvent en grande partie leur origine dans la multiplicité des intervenants et l’absence d’une plateforme commune de gestion.

« La grande suggestion que nous avons proposée au Gouvernement est de pouvoir unifier le circuit de la paie. Aujourd’hui, nous avons un système de paie éclaté où plusieurs intervenants travaillent sans être intégrés dans un même dispositif. L’idéal est d’aboutir à un système unifié et digitalisé dans lequel chaque acteur intervient selon ses compétences au sein d’une même plateforme. Cela permettra un meilleur contrôle du système », a-t-il déclaré.

À court terme, l’IGF entend concentrer ses efforts sur l’harmonisation des données et la correction des anomalies identifiées avant la mise en œuvre de réformes plus structurelles. L’objectif est de fiabiliser la base des données salariales et d’éliminer les doublons, les agents fictifs et les incohérences qui pèsent sur les finances publiques.

Interrogé sur une éventuelle augmentation excessive des effectifs de l’administration publique, le patron de l’IGF a tenu à nuancer certaines perceptions. Selon les données analysées, la masse salariale de l’État a connu une progression régulière entre janvier 2023 et janvier 2026, sans augmentation brusque.

« Les chiffres indiquent une augmentation constante, mais non soudaine, de la masse salariale. Cette évolution s’explique notamment par les ajustements salariaux intervenus au fil des années ainsi que par les engagements pris par l’État envers les agents publics », a-t-il précisé.

Toutefois, il a souligné que les rémunérations des agents publics constituent la principale catégorie de dépenses de l’État et absorbent une part importante des ressources publiques. Pour le Gouvernement, la maîtrise de la masse salariale demeure donc un enjeu majeur de gouvernance budgétaire. L’objectif est de préserver l’équilibre des finances publiques tout en dégageant davantage de ressources en faveur des investissements et des autres priorités de développement inscrites dans le programme d’action du Gouvernement.

Cet audit, initié par la Première ministre sur instruction du Président de la République à l’occasion de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres, devrait permettre à l’Exécutif de disposer d’une cartographie précise des irrégularités éventuelles. Il s’agit de poser les bases de réformes durables pour moderniser le système de gestion de la paie et garantir que chaque agent payé corresponde à un poste réel et justifié.

La remise du rapport final est attendue à l’issue de la phase de vérification sur le terrain. Le Gouvernement entend s’appuyer sur ces conclusions pour engager les mesures correctives nécessaires et avancer vers une gestion plus rigoureuse et transparente des finances publiques.

O.Luamuele

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