À Kinshasa, l’obscurité n’est plus seulement un désagrément : elle est devenue le symbole criant d’un système défaillant où le citoyen paie pour un service inexistant. Chaque mois, des millions de Congolais s’acquittent d’une redevance d’éclairage public incluse dans leurs factures d’électricité, collectée par la SNEL et censée être gérée par les autorités urbaines. Pourtant, la capitale congolaise sombre chaque nuit dans le noir, exposant sa population à l’insécurité, aux violences et à la peur. Dans cette tribune percutante, la 80è de la série Révolution de la conscience révoltée, Jonas Tshiombela, avocat du peuple, dénonce un scandale de gouvernance marqué par l’opacité, l’absence de redevabilité et l’abandon des citoyens, tout en appelant à une mobilisation urgente pour exiger transparence, sécurité et justice. La rédaction de la unefm.cd la publie in extenso.
Kinshasa suffoque, Kinshasa a peur et enfin Kinshasa sombre chaque nuit dans l’obscurité, l’insécurité et l’abandon. Pendant que les criminels règnent dans les quartiers plongés dans le noir, pendant que les femmes sont agressées, pendant que les paisibles citoyens vivent dans la peur, une question brûle toutes les lèvres :
Où va l’argent de l’éclairage public par le peuple ?
Chaque mois, des millions de Congolais paient une redevance d’éclairage public intégrée dans leurs factures d’électricité. La Société Nationale d’Électricité collecte. L’Hôtel de Ville de Kinshasa gère. Mais la ville reste dans le noir. Voilà le scandale, Voilà la honte et Voilà l’échec d’un système qui demande au peuple de payer sans jamais lui rendre des comptes.
Une ville livrée aux bandits
L’absence d’éclairage public n’est pas un simple problème technique. C’est une bombe sécuritaire. Quand les avenues sont plongées dans l’obscurité :
Les voleurs circulent librement ;
Les kuluna imposent leur loi ;
Les femmes deviennent des proies ;
Les commerces ferment plus tôt ;
La peur remplace la liberté.
Kinshasa devient une capitale abandonnée à elle-même alors que les citoyens continuent de payer. C’est une injustice révoltante.
Une double opacité qui choque la conscience publique
D’un côté, la Société Nationale d’Électricité collecte les fonds d’éclairage public. De l’autre, l’Hôtel de Ville de Kinshasa est censé gérer ces fonds. Mais :
Où sont les rapports publics ?
Où sont les chiffres ?
Où sont les réalisations visibles ?
Où est la traçabilité de l’argent du peuple ?
Le peuple paie.
Mais le peuple ne voit rien. Cette opacité est inacceptable dans un État qui prétend respecter la bonne gouvernance.

Suspendre immédiatement la redevance d’éclairage public
Il faut avoir le courage de dire la vérité :
On ne paie pas un service inexistant.
La redevance d’éclairage public doit être suspendue immédiatement dans tous les quartiers non desservis.
Pourquoi le peuple continuerait-il à financer l’obscurité ?
Pourquoi payer pour des lampadaires éteints ?
Pourquoi enrichir un système opaque pendant que la population vit dans l’insécurité ?
Le silence du citoyen entretient l’abus. Le réveil citoyen peut l’arrêter.
Où sont passés les élus du peuple ?
Et pendant ce temps :
Où sont les députés nationaux ?
Où sont les sénateurs ?
Où sont les députés provinciaux ?
Leur silence face à cette question est troublant. Le Parlement existe-t-il encore pour contrôler l’action publique ou simplement pour observer le peuple souffrir ? Le contrôle parlementaire n’est pas un luxe. C’est une obligation morale et constitutionnelle. Le peuple attend des interpellations. Le peuple attend des enquêtes. Le peuple attend des sanctions.
Le temps de la mobilisation a sonné
L’heure n’est plus aux discours. L’heure n’est plus aux promesses. L’heure est à la mobilisation citoyenne. Chaque quartier doit se lever.Chaque avenue doit dénoncer. Chaque citoyen doit réclamer son droit à l’éclairage public. Car l’éclairage public n’est pas un cadeau. C’est un droit. Un droit payé par le peuple. Kinshasa ne peut pas continuer à payer l’obscurité. Kinshasa ne peut pas continuer à financer l’insécurité. Kinshasa ne peut pas continuer à être gouvernée dans l’opacité. Trop c’est trop ! Le peuple veut : La vérité ; La transparence ; La sécurité et La redevabilité. Et si les institutions refusent d’agir, le peuple devra imposer démocratiquement le changement par la mobilisation citoyenne. Rien ne passera sans le peuple ! Partageons cette tribune massivement, car de rien, rien n’est peut venir.
Jonas Tshombela, avocat du peuple
