Le processus de remise à niveau du réseau ferroviaire de l’Office National des Transports (ONATRA) se poursuit. Un bateau transportant 42 wagons destinés à l’exploitation commerciale du train marchandises a accosté le Mercredi 30 Septembre au port de Matadi, dans le Kongo Central.
Cette arrivée constitue une nouvelle étape dans le renforcement des capacités de l’ONATRA, alors que la perspective d’une reprise du trafic ferroviaire, avec le train voyageur Express et le train marchandise, sur l’axe Matadi-Kinshasa, interrompu depuis plusieurs années, continue de susciter de fortes attentes.
Un autre navire, actuellement en mer, achemine par ailleurs une deuxième locomotive neuve, qui devrait rejoindre le port de Matadi dans les prochains jours, apprend t-on des sources proches du Département des chemins de fer de l’onatra.

Un engin capable de renouveler un kilomètre de rail par jour
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le Directeur Général de l’ONATRA, Martin Lukusa Panu, a également évoqué l’acquisition prochaine d’un engin de renouvellement automatique des rails.
Selon le responsable de l’ONATRA, cet équipement disposerait d’une capacité de renouvellement pouvant atteindre un kilomètre de voie par jour.
Martin Lukusa Panu a présenté cette acquisition comme une innovation majeure pour le secteur ferroviaire en Afrique Centrale, en laissant entendre que cet outil pourrait, au-delà des besoins de la RDC, être mis à la disposition d’autres réseaux ferroviaires de la sous-région et générer ainsi des recettes pour le pays.
À cette acquisition annoncée devrait s’ajouter l’arrivée de 170 kilomètres de rails modernes, destinés à poursuivre la modernisation de la voie ferrée entre Matadi et Kinshasa.
L’ensemble de ces investissements vise à renforcer progressivement l’infrastructure ferroviaire et à améliorer sa capacité à supporter un trafic régulier de voyageurs et de marchandises.
Le trafic Matadi-Kinshasa toujours attendu
Après environ 15 années de dégradation et d’interruption du trafic ferroviaire sur cet axe, les différents équipements annoncés ou déjà réceptionnés marquent une évolution dans le processus de remise en état de la ligne.
Les arrivées de wagons, de locomotives et les travaux de modernisation constituent plutôt des étapes préparatoires à cette relance.
Dans le Kongo Central, cette perspective revêt un enjeu particulier pour les populations vivant dans les zones éloignées de la route nationale numéro 1 (RN1). Pour ces communautés, le chemin de fer constitue un moyen essentiel de déplacement, mais aussi un outil d’évacuation des productions agricoles vers Kinshasa, principal centre de commercialisation.
La remise en service de la ligne pourrait ainsi contribuer au désenclavement de plusieurs localités et faciliter la circulation des personnes et des marchandises entre le Kongo Central et la capitale.

Le chemin de fer au cœur de la stratégie de l’ONATRA :
« Sans le chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny », rappelle une formule attribuée à Henry Morton Stanley, souvent citée pour illustrer le rôle historique du rail dans le développement du Congo.
Cette vision du rôle stratégique du chemin de fer trouve aujourd’hui un prolongement dans les efforts de modernisation engagés à l’ONATRA, en cohérence avec l’orientation du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur du développement des infrastructures de transport.
Sous la conduite du comité directeur dirigé par le Directeur Général Martin Lukusa Panu, le département des chemins de fer, placé sous la responsabilité du Directeur Bongwala, accompagne cette dynamique sur le plan opérationnel.
Entre l’arrivée des 42 wagons, l’acheminement d’une nouvelle locomotive, l’acquisition annoncée d’un engin de renouvellement automatique de la voie et l’attente de 170 kilomètres de rails modernes, le corridor ferroviaire Matadi-Kinshasa amorce progressivement une nouvelle phase de modernisation.
La renaissance du trafic ferroviaire reste désormais suspendue à l’achèvement des travaux et à la remise en état des infrastructures nécessaires à une exploitation régulière et durable de la ligne.
Lionel IPAKALA Y.
