À Lubumbashi, la déclaration publique de l’ambassadeur du Japon en République Démocratique du Congo et en République du Congo, Hidetoshi Ogawa, suscite de vives réactions. Dans un message diffusé Samedi 29 Février 2026 sur son compte X, le diplomate a dénoncé les nombreuses tracasseries auxquelles il affirme avoir été confronté au terminal ordinaire de l’Aéroport international de la Luano.
Un « parcours éprouvant » au terminal classique
Selon ses propos, son passage par le circuit classique a été marqué par une succession de contrôles jugés excessifs : fouilles répétées des bagages, vérifications multiples du passeport, des billets d’avion et d’autres documents administratifs, dans un environnement qu’il décrit comme congestionné et peu organisé.
Le diplomate précise qu’il aurait pu emprunter le terminal VIP commercial, accessible moyennant 100 dollars américains, où les formalités sont simplifiées et l’acheminement vers l’avion assuré en véhicule.
Il indique toutefois avoir choisi délibérément le terminal ordinaire afin d’expérimenter les conditions réservées aux passagers lambda.
Soupçons de pratiques irrégulières
Dans son témoignage, l’ambassadeur évoque également des « demandes d’argent chuchotées » adressées aux voyageurs. Il dénonce un flou persistant entre des frais officiellement perçus pour accélérer certaines procédures et des pratiques assimilables à des pots-de-vin.
D’après lui, plusieurs hommes d’affaires étrangers préfèrent ignorer ces sollicitations, quitte à subir des retards supplémentaires. Une situation qu’il estime préjudiciable à l’image du Haut-Katanga, province stratégique et carrefour majeur pour les investisseurs du secteur minier.

La question de la carte jaune
Autre point soulevé : l’exigence liée à la date d’expiration de la carte internationale de vaccination contre la fièvre jaune. Hidetoshi Ogawa rappelle que, conformément aux normes sanitaires internationales, la validité de ce document est désormais illimitée, y compris en République Démocratique du Congo, indépendamment de la date inscrite.
Il suggère que cette exigence serait parfois utilisée comme moyen de pression sur les passagers.
Comparaison avec Ndjili
Comparant la situation de la Luano à celle de l’Aéroport international de N’djili, le diplomate estime que les difficultés observées à Lubumbashi sont particulièrement préoccupantes.
Il appelle les autorités compétentes à rationaliser les procédures, à revoir l’organisation du personnel et à renforcer la transparence dans les contrôles.
Un appel à des réformes
Malgré ses critiques, l’ambassadeur japonais a salué la qualité de service des compagnies aériennes congolaises, soulignant que leurs appareils et leurs équipages répondent aux standards attendus.
Cette sortie médiatique, inhabituelle pour un diplomate en poste, remet en lumière une problématique régulièrement dénoncée par les voyageurs : les tracasseries administratives et les soupçons de corruption dans certains points d’entrée du pays.
Reste à savoir si cette interpellation publique entraînera une réaction officielle des autorités provinciales et nationales concernées.
Josué LWAMBA, Correspondant Haut Katanga
