Un climat de confusion et de division a marqué, ce lundi 17 février 2026, la mobilisation d’un groupe de personnes se présentant comme victimes de la guerre de six jours à Kisangani. Ces manifestants ont battu le pavé pour exiger la relance des activités de la coordination nationale du Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), avant de se rendre au gouvernorat pour y déposer un mémorandum.
Mais cette initiative est vivement contestée par le comité directeur officiel des victimes de la guerre de six jours à Kisangani, qui affirme n’avoir jamais autorisé ni organisé cette marche.
Le comité directeur dément toute implication
Contacté par Launefm.cd, le rapporteur du comité, Philémon Lutula, a fermement désavoué cette mobilisation :
« Ces manifestants sont descendus dans la rue sans aucune autorisation du comité directeur. La plupart d’entre eux ne sont même pas de véritables victimes. Nous traversons une période d’insécurité à Kisangani et il est imprudent d’organiser des manifestations. Nous avions d’ailleurs saisi le maire de la ville et les autorités provinciales, le 16 février, pour les alerter sur cette prétendue marche annoncée pour le 17 février », a-t-il déclaré.
Dans cette correspondance adressée aux autorités locales, le comité directeur précisait qu’aucune activité de ce genre n’était programmée par la structure reconnue des victimes, rappelant que toute manifestation publique doit respecter les procédures légales en vigueur. Il a également décliné toute responsabilité en cas de débordement.
Un mémorandum remis au gouverneur
Malgré cette mise en garde, les manifestants ont poursuivi leur marche et ont été reçus au gouvernorat, où ils ont remis leur mémorandum au gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia.
Cette situation relance le débat, au sein de l’opinion publique, sur la représentativité réelle des personnes se réclamant victimes de la guerre de six jours, un flou qui continue d’empoisonner la gestion et la coordination des indemnisations par le FRIVAO.
Pour de nombreux observateurs, la question demeure entière : qui sont les véritables victimes de la guerre de Kisangani et qui cherche à s’en prévaloir indûment ? Un dilemme qui complique davantage la mission du FRIVAO dans un contexte déjà sensible
Gabriel Makabu Correspondant/Kisangani
