Nord-Kivu : après les massacres de Beni, Julio Makeusa réclame des drones de combat et une force locale encadrée

Au lendemain des récentes attaques meurtrières attribuées aux rebelles des ADF dans le quartier Ngadi à Beni ainsi qu’à Mbau, le député provincial Julio Makeusa Kambale est descendu sur le terrain pour exprimer sa solidarité aux familles des victimes et s’imprégner de la situation sécuritaire.
L’élu de Nyiragongo a fermement condamné ces nouvelles violences qui continuent de frapper les populations civiles dans la région.

Selon lui, ces massacres s’inscrivent dans une tragédie qui dure depuis plus de quatorze ans et dont les habitants paient le plus lourd tribut :

« J’adresse mes sincères condoléances aux familles endeuillées. Depuis plus d’une décennie, les populations civiles demeurent les principales victimes de cette insécurité persistante », a-t-il déclaré.

Julio Makeusa a également dénoncé l’inefficacité de certaines réponses sécuritaires face aux alertes émises par les communautés locales avant les attaques. Il estime que les informations transmises par la population ne sont pas suffisamment exploitées pour prévenir les incursions des groupes armés.

Pour mettre un terme à cette spirale de violences, le député provincial plaide pour une révision des stratégies militaires actuellement déployées contre les ADF. Il recommande notamment le recours accru aux équipements militaires modernes récemment acquis par le Gouvernement congolais :

« Même dans une guerre asymétrique, certains bastions ennemis sont identifiés. L’utilisation des drones et des avions de combat pourrait contribuer à démanteler efficacement le système opérationnel des ADF », a-t-il soutenu.

L’élu se prononce par ailleurs en faveur de la création d’une force de défense locale chargée de soutenir les FARDC dans la protection des populations. Toutefois, il insiste sur la nécessité d’un encadrement rigoureux de cette initiative afin d’éviter toute dérive susceptible d’alimenter davantage l’insécurité.

Selon lui, les jeunes qui intégreraient cette structure devraient être officiellement recensés, formés et placés sous le contrôle strict de l’État :

« Ces jeunes doivent bénéficier d’une formation appropriée, être équipés convenablement et évoluer dans un cadre légal clairement défini afin que cette initiative ne se transforme pas en source de nouveaux problèmes sécuritaires », a-t-il prévenu.

Face à la recrudescence des attaques armées, Julio Makeusa appelle enfin les autorités à renforcer les mécanismes de protection des civils aussi bien dans le Grand Nord que dans le Petit Nord du Nord-Kivu, où les populations continuent de vivre sous la menace permanente des groupes armés.

Fiston Muhindo
Correspondant
Nord-Kivu

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