Beni : l’ex-maire Kapanga et la Lucha exigent dispositif sécuritaire renforcé et actions citoyennes après le massacre de Ngadi

La ville de Beni a été, une nouvelle fois, frappée par la violence aveugle. Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai, une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a coûté la vie à plusieurs civils dans le quartier Ngadi, plongeant la population dans la consternation.

Réagissant à ce drame, Me Achille Kapanga, ancien maire de Beni et notable de la région, a vivement critiqué la réaction des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Selon lui, les réponses apportées jusqu’à présent restent inefficaces face à la recrudescence des massacres des populations civiles.

Pour cet acteur de la société civile locale, la répétition des attaques démontre que les stratégies sécuritaires actuelles peinent encore à garantir la protection des habitants.

« Chaque jour, nous ne devons pas seulement présenter des condoléances. Nous en avons assez. Faut-il attendre combien de morts pour réagir ? », s’est-il interrogé, tout en appelant à une action militaire plus énergique contre les groupes armés responsables de ces violences.

De leur côté, les FARDC ont condamné cette attaque qu’elles qualifient de « barbare ». Le porte-parole du secteur opérationnel Sokola 1 Grand Nord a assuré que les opérations de traque contre les combattants ADF se poursuivent sans relâche dans la région.

L’armée affirme maintenir une forte pression sur les groupes armés actifs dans la zone et promet de poursuivre les opérations jusqu’à leur neutralisation. Elle a également indiqué qu’un militaire des FARDC est tombé au cours des combats engagés lors de la poursuite des assaillants.

Parallèlement, les mouvements citoyens et divers groupes de pression de Beni, dont la LUCHA, ont annoncé une série de journées « ville morte » à partir de ce mercredi et jusqu’au jour de l’inhumation des victimes du massacre de Ngadi.

Selon les organisateurs, cette mobilisation vise à rendre hommage aux personnes tuées, à exprimer la solidarité de la population envers les familles endeuillées et à dénoncer la persistance de l’insécurité dans la région. Ils entendent également interpeller les autorités congolaises ainsi que leurs partenaires sur l’urgence de renforcer les mesures de protection des civils, régulièrement victimes des violences armées dans le territoire de Beni.
Alors que les habitants continuent de vivre sous la menace imminente des attaques, ce nouveau massacre relance le débat sur l’efficacité des opérations militaires en cours et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de sécurisation des populations dans le Grand Nord du Nord-Kivu.

Plus de lectures incontournables

Les plus récents