À Kisangani, plus de cinquante femmes issues d’organisations de la société civile, de la justice, des forces armées, de la police ainsi que des institutions provinciales ont pris part, le 18 février 2026, à une journée de réflexion consacrée à leur participation dans la gouvernance sécuritaire et locale.
Organisée par le Réseau pour la Réforme du Secteur de la Sécurité et de la Justice (RRSSJ), avec l’appui de la National Endowment for Democracy (NED), la rencontre s’est tenue au siège provincial de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH/Tshopo), dans la commune de Makiso.
Police de proximité : deux cadres de concertation
Au cœur des échanges, le coordonnateur provincial du RRSSJ, David Malomalo, a présenté les mécanismes de participation citoyenne dans le cadre de la police de proximité. Il a notamment distingué deux espaces de concertation : le forum de quartier et le conseil local de sécurité de proximité.
Le forum de quartier permet d’établir un diagnostic sécuritaire du milieu, d’identifier les priorités en matière de sécurité et de formuler des recommandations à l’intention des autorités compétentes, notamment le bourgmestre, les chefs de quartier ou de chefferie.
Quant au conseil local de sécurité de proximité, il constitue un cadre de dialogue permanent entre les autorités publiques et les acteurs de la société civile.
Sa mission consiste à rechercher des solutions globales et durables aux défis sécuritaires et aux problèmes d’assainissement dans les communes, secteurs, villages ou chefferies.
Selon David Malomalo, ce mécanisme repose sur plusieurs principes fondamentaux : la proximité, le partenariat, la prévention et la résolution concertée des problèmes sécuritaires, tout en intégrant les besoins spécifiques des femmes et des enfants.
Une implication accrue des femmes dans la gestion des conflits
Les participantes ont été encouragées à s’impliquer activement dans les processus de prévention et de résolution des conflits, ainsi que dans la gestion des questions sécuritaires à l’échelle locale. L’objectif est de faire des femmes des actrices à part entière dans la consolidation de la paix et de la stabilité communautaire.
Gouvernance locale et redevabilité
Abordant la question de la gouvernance locale, le coordonnateur provincial a insisté sur l’importance de la participation citoyenne dans l’élaboration et la mise en œuvre du budget. Cette démarche permettrait à l’exécutif local d’identifier les besoins réels de la population et d’y répondre efficacement à travers des services adaptés.
Il a également rappelé le principe de redevabilité, selon lequel toute autorité investie d’une responsabilité budgétaire doit rendre compte de sa gestion à la communauté.
Pour contribuer efficacement au processus budgétaire, les citoyens, et particulièrement les femmes, doivent avoir accès à l’information relative à la gestion des finances publiques et participer aux cadres d’échanges avec les instances décisionnelles.
Cette journée de réflexion marque ainsi une étape supplémentaire dans la promotion du leadership féminin et de la participation inclusive à la gouvernance en province de la Tshopo.
Gabriel Makabu, Correspondant/ Kisangani
