Pour chaque maîtresse, concubine ou encore deuxième, troisième, etc., bureau, le mari infidèle ou polygame, c’est selon, va devoir payer une pénalité de 3.000 FC. Ç’a l’air d’un gag. Que non.
La nomenclature des recettes de la commune de Kasuku, dans la ville de Kindu, capitale provinciale de Maniema, s’est enrichie, depuis le 9 juin 2026, de quatre nouveaux actes générateurs des recettes dont deux ont pour assujettie, la gente féminine. “catégorie Femmes supplémentaires, le législateur congolais connait qu’au niveau du Maniema, au niveau du Congo chez nous, qu’un seul homme et une seule femme”, soutient Mme la bourgmestre Fatouma Kalonda Marie. Et de renchérir, “La loi congolaise dit que la première femme est épargnée. Si vous avez 10, 50 femmes, à partir de la deuxième femme, vous comme mari, si vous avez une lignée des femmes, vous payez 3.000 FC de taxe pour chacune d’elles”. Et la bourgmestre de Kasuku, ” Catégorie Femmes libres, des femmes qui ne sont pas encore mariées, 10.000 FC de taxe.”
Force est de constater que la taxe des femmes libres est le double de la nouvelle taxe sur les opérateurs économiques de la commune, fixée juste à 5.000 FC. Mutatis mutandis , une femme libre gagne donc plus qu’un opérateur économique, au Maniema ! Par quel mécanisme donc ? Que vend-t-elle pour être ainsi surtaxée ?
Mme Fatuma Kalonda Marie qui dit avoir “décrété” ces taxes en se fondant sur la loi sur les ETD publiée au journal officiel, en fait cependant Impasse. Sur le plan juridique, selon Amnesty International, une femme libre désigne une femme qui jouit de la plénitude de ses droits civils et politiques, sans être soumise à une tutelle. Ce statut exclut toute forme d’esclavage et garantit l’égalité juridique, l’autonomie financière et la liberté de disposer de son propre corps. La réponse à nos questions se trouverait, peut-être, dans cette dernière assertion d’Amnesty International.
La quatrième catégorie des assujettis, c’est toute personne en état de chômage. Sa taxe annuelle est de 1.000 FC. Selon un membre de la société civile locale, par ce temps de basse conjoncture marquée par la vie chère et la chute du pouvoir d’achat, les 3.000 FC taxés à un mari qui entretiendrait, équivaudrait pratiquement à 20 dollars. ” Il est certain que les taxes de la bourgmestre de Kasuku feront polémique, et très probablement, beaucoup des polygames sinon des maris infidèles renieront leurs concubines!”, ajoute-t-il. Et si jamais, “le décret” de la bourgmestre faisait jurisprudence, un soulèvement populaire se déclarerait dans certaines provinces du centre du pays, où la monogamie fait l’objet de moqueries même auprès des femmes ! ” Payer une taxe, parce que j’ai deux ou trois femmes, à Mbuji-Mayi, mais le bourgmestre serait lynché !”, a commenté un Wewa, se dit de conducteur de taxi-moto, à Kinshasa. Le débat est ouvert, la polémique aussi. Ci-joint le fameux “décret” de la bourgmestre de Kasuku.

Pold LEVI
