FARDC : Mak Hazukay Mongba prend la parole après la suspension du Général Ekenge

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo,  FARDC ont officiellement un nouveau Porte-Parole ad intérim. Par une note signée le 7 janvier 2026, le chef d’Etat-Major Général a nommé Mak Hazukay Mongba à cette fonction stratégique, en remplacement du Général Sylvain Ekenge, suspendu à la suite de propos jugés « discriminatoires » tenus sur la Radiotélévision Nationale Congolaise,  RTNC . La décision, précise le document, est valable jusqu’à nouvel ordre.

Un parcours opérationnel et communicationnel solidement ancré sur le terrain

Jusqu’à sa nomination comme Porte-parole a.i. des FARDC, le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba occupait les fonctions de Directeur de la Communication et de la sensibilisation, ainsi que porte-parole du secteur opérationnel Sukola 1 Grand Nord et du Front Nord, depuis mai 2024. Ce secteur stratégique couvrait notamment les opérations de traque des rebelles des Forces Démocratiques Alliées,  ADF dans les territoires de Beni et de Lubero, ainsi que les actions militaires contre le M23.

 Sa nomination à Kinshasa l’amène ainsi à quitter le Nord-Kivu pour assumer une responsabilité nationale.

Diplômé depuis 2008 de la Faculté des Sciences de l’Information et de la Communication de l’IFASIC, Mak Hazukay Mongba a été, durant deux ans, responsable de la communication des opérations conjointes menées par les FARDC et les Forces de Défense du Peuple Ougandais UPDF , un rôle clé dans un contexte sécuritaire sensible et fortement médiatisé.

À l’époque Major, il a également exercé les fonctions de Porte-Parole Adjoint, puis Porte-Parole des opérations Sukola 1, dans la Région de Beni, entre 2015 et 2019. Avant cela, de 2010 à 2015, il a travaillé à Kinshasa comme journaliste reporter, puis Directeur de l’Audiovisuel au Département d’Information de l’Etat-Major Général des FARDC, renforçant ainsi son expertise en communication institutionnelle militaire.

Son parcours militaire remonte à la fin des années 1980

Entre 1997 et 2003, il fut chef de maintenance des blindés au bataillon blindé de la Garde Républicaine. Il avait auparavant suivi, entre 1996 et 1997, un stage professionnel à l’Engineering Armored Institute de Pékin, en Chine, après avoir occupé les fonctions de chef de peloton blindé puis de secrétaire du T3 à l’état-major de la Division Spéciale Présidentielle de 1992 à 1996.

Le lieutenant-colonel Mak Hazukay a également bénéficié de plusieurs formations spécialisées à l’étranger, notamment un stage de cavalerie au Centre d’instruction des blindés de Kilomètre 6, près de Meknès au Maroc (1991-1992), un stage de parachutiste à la 1ère Brigade Para de Maamora, près de Rabat, en juin 1990, ainsi qu’une formation d’officier à l’Académie Royale Militaire de Meknès entre 1988 et 199,  Il avait intégré les Forces Armées Zaïroises FAZ en février 1988, par le centre d’instruction de Kibomango, près de Kinshasa.

Une expertise reconnue au service de la communication stratégique des FARDC

Fort de ce parcours à la fois opérationnel, technique et médiatique, Mak Hazukay Mongba est perçu comme un officier disposant d’une double compétence rare : la maîtrise du terrain militaire et celle de la communication stratégique. Son expérience prolongée dans les zones de conflit, notamment dans l’est du pays, lui confère une lecture fine des réalités sécuritaires, essentielle pour porter une communication crédible et responsable.

Son passage par les structures centrales de l’Etat-Major, combiné à son travail de terrain au sein des opérations Sukola, renforce son image d’un officier rigoureux, méthodique et respectueux de la chaîne de commandement. Apprécié pour son discours mesuré, sa capacité à gérer l’information en période de crise et son attachement à la cohésion nationale, il incarne un choix axé sur la professionnalisation et la crédibilité de la parole militaire.

Dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés et la prolifération de la désinformation, le nouveau Porte-parole a.i. des FARDC est appelé à jouer un rôle central dans la consolidation de la confiance entre l’armée et la population, où chaque déclaration engage l’institution tout entière.

Lionel IPAKALA

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