Longtemps considérés comme une ressource alimentaire secondaire, les escargots terrestres comestibles font l’objet d’une étude scientifique menée à Kisangani, dans la Province de la Tshopo. La recherche, présentée Samedi 15 Août à l’Université de Kisangani lors d’une série de défenses de mémoires de Diplôme d’études spécialisées (DES), s’intéresse notamment à leur diversité, à leur consommation ainsi qu’aux circuits de collecte et de commercialisation.
Intitulée « Inventaire, représentations sociales et chaînes de valeurs des escargots terrestres comestibles sur les axes routiers Kisangani-Ituri et Kisangani-Lubutu », l’étude examine la place occupée par ces mollusques dans les habitudes alimentaires et les activités économiques des populations.
Réalisée dans le cadre du Département d’écologie et de gestion des ressources animales de la Faculté des sciences de l’Université de Kisangani, cette recherche a notamment reposé sur des enquêtes menées auprès de 332 personnes, parmi lesquelles des consommateurs, des ramasseurs et des vendeurs d’escargots.
Une ressource alimentaire à mieux connaître
L’intérêt de cette étude réside dans le potentiel alimentaire et socio-économique de ces espèces. Elle met en évidence la consommation de plusieurs espèces d’escargots terrestres et relève notamment la présence des genres Alcathina et Burtoa parmi les escargots comestibles étudiés.
Dans un contexte marqué par la hausse du coût de certaines denrées d’origine animale, les escargots peuvent constituer, selon les conclusions de la recherche, une ressource alimentaire complémentaire pour les populations.
Au-delà de leur consommation, l’étude s’intéresse également aux personnes qui interviennent dans leur chaîne de valeur, depuis la collecte jusqu’à la vente. Cette dimension permet de considérer l’escargot non seulement comme une ressource alimentaire, mais également comme une activité susceptible de générer des revenus pour certains ménages.
Entre alimentation, biodiversité et économie locale
La recherche soulève également la question de la préservation de ces ressources naturelles. La pression exercée par leur collecte et leur consommation pose la nécessité de mieux connaître les espèces disponibles et leurs modes de reproduction afin d’éviter une exploitation susceptible d’affecter la biodiversité.
La domestication apparaît ainsi comme l’une des pistes évoquées pour concilier consommation, revenus et conservation des espèces.
L’étude ouvre également des perspectives dans plusieurs domaines, notamment la sécurité alimentaire, la valorisation des ressources biologiques, la biodiversité et certaines pratiques de pharmacopée et d’usages traditionnels.
Pour sa réalisation, les travaux ont été conduits sous la direction du professeur Sylvestre Gambalemoke, avec le professeur docteur Billy Kakelengwa comme copromoteur, au sein de la Faculté des sciences naturelles et de biotechnologie de l’Université de Kisangani.
Présentée par Léonie Mwamini Irène, spécialiste en biologie animale, cette recherche a reçu la mention Distinction à l’issue de la soutenance.
À travers cette étude, l’Université de Kisangani met ainsi en lumière une ressource souvent peu documentée, mais qui occupe une place réelle dans l’alimentation et les activités économiques de certaines communautés. Elle pose surtout la question de la manière dont les ressources animales locales peuvent être mieux connues, valorisées et protégées au bénéfice des populations.
Gabriel Makabu Correspondant / Kisangani
