La question du référendum constitutionnel s’invite au cœur des réflexions académiques. L’Université de Kisangani a accueilli, le Samedi 11 Avril 2026, une conférence-débat consacrée à ce mécanisme démocratique d’expression directe du peuple.
Organisée dans l’amphithéâtre de l’établissement, cette rencontre a réuni la communauté scientifique locale autour du député national de la Tshopo, Paul Gaspard Ngondankoy, initiateur de la proposition de loi sur le référendum constitutionnel. Face à un public composé d’intellectuels et d’universitaires, l’élu a exposé les enjeux et l’importance d’un cadre juridique dédié à l’organisation du référendum en République Démocratique du Congo.
Selon lui, bien que le référendum soit consacré par l’article 5 de la Constitution comme un instrument d’exercice direct du pouvoir par le peuple, aucune loi spécifique n’encadre actuellement son organisation :
« Il existe des lois électorales, mais aucune ne régit le référendum constitutionnel », a-t-il souligné.
Une lacune que sa proposition de loi, déposée à l’Assemblée Nationale depuis la session de Septembre 2024, vise à combler durablement.
Le député a précisé que cette future loi couvrirait des questions majeures pour la nation, notamment le transfert éventuel de la capitale, ainsi que la cession, l’échange ou la jonction de territoires.
Autant de décisions stratégiques qui nécessitent, selon lui, l’aval direct du peuple congolais.
Concernant le transfert de la capitale, Paul Gaspard Ngondankoy a insisté sur la nécessité de mener au préalable des études approfondies, géographiques, économiques et environnementales, tout en garantissant un accès équitable à toutes les provinces.

Quant aux modifications territoriales, elles impliqueraient une évaluation rigoureuse suivie d’une consultation nationale.
Sur le plan procédural, l’initiateur de la loi a détaillé plusieurs étapes essentielles : une initiative portée par une autorité habilitée, des consultations préalables pour dégager un consensus, la convocation éventuelle d’une assemblée constituante, puis l’organisation du référendum pour validation populaire.
En conclusion, l’orateur a mis en avant l’apport majeur de cette proposition : doter la RDC d’un cadre légal clair et pérenne pour l’organisation des référendums, quelle que soit la période ou la nature des enjeux soumis au vote.
Cette conférence marque ainsi une étape importante dans la vulgarisation d’un projet de loi appelé à renforcer les mécanismes démocratiques du pays.
Gabriel Makabu
Correspondant/Kisangani
