Les professionnels de santé de la Province de l’Équateur pourront prendre part à la campagne de vaccination contre le choléra, prévue du 6 au 15 Novembre prochain, malgré le maintien de leur mouvement de grève. Cette décision a été annoncée Mardi 3 Novembre à Mbandaka par les sept syndicats du secteur, soucieux de contribuer à la lutte contre l’épidémie et de préserver des vies humaines.
Selon Alexis Lingoma, coordonnateur provincial de l’intersyndicale de la santé, cette participation vise à interrompre la chaîne de transmission du choléra, qui continue de se propager au sein des communautés de l’Équateur. Il a toutefois insisté sur le fait que cette décision ne signifie nullement la suspension de la grève des infirmiers et des agents administratifs du secteur de la santé.
Dans leur déclaration syndicale rendue publique à l’issue d’une session extraordinaire, les sept organisations ont expliqué les motivations humanitaires qui justifient leur engagement exceptionnel dans cette campagne de vaccination de masse.
Cette prise de position ouvre ainsi la voie à la Division Provinciale de la Santé de l’Équateur pour organiser les opérations vaccinales pendant dix jours, soit du 6 au 15 Novembre, dans 15 des 18 Zones de Santé touchées par l’épidémie.
La campagne reposera sur une stratégie de vaccination porte-à-porte. Elle ciblera toutes les personnes âgées d’au moins un an, y compris les adultes, afin de renforcer la protection des communautés exposées.

Des conditions strictes pour la participation des soignants
Pour encadrer cette participation exceptionnelle, l’intersyndicale a fixé plusieurs conditions à respecter durant les opérations de vaccination :
Autoriser le personnel de santé officiellement retenu à prendre part à la campagne ;
Garantir la sécurité des intervenants afin qu’ils puissent accomplir leur mission humanitaire au bénéfice des populations de l’Équateur ;
Maintenir fermées les structures sanitaires pendant toute la durée de la grève générale, y compris durant les opérations de vaccination ;
S’abstenir de toute mesure coercitive à l’encontre des personnes qui refuseraient de participer aux activités vaccinales.
L’intersyndicale précise, par ailleurs, que les médecins membres du Syndicat National des Médecins (SYNAMED) ne sont pas concernés par ces dispositions.
Cette mobilisation syndicale intervient dans un contexte épidémiologique particulièrement préoccupant. D’après les données communiquées lors de cette réunion, 104 cas de choléra et 17 décès ont été enregistrés dans les zones de santé de Bolenge, Wangata et Mbandaka.
En autorisant leurs membres à contribuer à la campagne de vaccination, les sept syndicats entendent ainsi faire prévaloir le devoir humanitaire de protection des populations, sans pour autant renoncer à leurs revendications professionnelles.
Peter GBIAKO NGBALA Correspondant/ Mbandaka
