L’Association pour le Bien-Être Familial – Naissances Désirables (ABEF-ND) a marqué, Samedi 17 Octobre 2026 à Mbandaka, la Journée mondiale de la contraception par une campagne de sensibilisation destinée notamment aux adolescents et aux jeunes.
L’organisation a également mis en lumière les enjeux liés à la mortalité maternelle et à la santé reproductive dans la Province de l’Équateur.
Initialement prévue le 26 Septembre, la célébration de la Journée Mondiale de la contraception a été reportée en raison d’autres activités programmées dans la Province.
Organisée dans le cadre du projet PROMIS PF-2, avec l’appui financier de CAFI-FONAREDD, elle s’est déroulée en deux temps.
La première séquence a consisté en un carnaval motorisé à travers les principales artères de Mbandaka, auquel ont pris part une trentaine de motocyclistes. La seconde a été consacrée à une conférence-débat sur la contraception, la santé reproductive et les défis liés à l’accès aux méthodes contraceptives.
Les jeunes au cœur de la sensibilisation
La première communication a été assurée par Séraphine Ngwela, Présidente Provinciale du Mouvement d’Actions des Jeunes (MAJ). Son intervention a porté sur l’utilisation des méthodes contraceptives chez les adolescents et les jeunes, en mettant l’accent sur les défis persistants et les perspectives d’amélioration de l’accès à l’information et aux services de santé reproductive.
De son côté, Olive Kikalulu, du Programme naitional de Santé de la Reproduction, a présenté les principaux avantages de la contraception et insisté sur son rôle dans la prévention des grossesses non désirées et l’amélioration de la santé maternelle.
Dans la Province de l’Équateur, 98 décès maternels ont été rapportés dans les formations sanitaires depuis Janvier 2026, selon les données communiquées au cours de cette rencontre.
La question des décès maternels survenus en dehors des structures de santé a également été soulevée.
La conférencière a par ailleurs abordé la question du dépistage et de la prise en charge du cancer du sein, dans le cadre d’Octobre Rose, mois consacré à la sensibilisation et à la lutte contre cette maladie.

Plaidoyer pour une sensibilisation en milieu scolaire
Les différentes parties prenantes présentes, parmi lesquelles la PROVED Équateur I, les responsables provinciaux du Genre, Famille et Enfant et des Affaires sociales, le Directeur de Cabinet du Président de l’Assemblée Provinciale ainsi que des représentants de la société civile, ont plaidé pour le renforcement de l’éducation à la santé reproductive dans les milieux fréquentés par les adolescents.
Pour ces acteurs, l’intégration de ces thématiques dans le milieu scolaire pourrait contribuer à réduire notamment les mariages d’enfants, les grossesses précoces, le phénomène des filles-mères et les risques liés aux avortements clandestins.
Les représentants des peuples autochtones pygmées ont, pour leur part, appelé l’ABEF-ND à renforcer la disponibilité des intrants contraceptifs. Ils ont notamment fait état de ruptures de stocks constatées lors de la dernière campagne d’offre de services de planification familiale dans les zones de santé de Bikoro et d’Ingende.
L’ABEF-ND mise sur la planification familiale pour le développement durable
Prenant la parole à l’issue des échanges, John Otiabini, Coordonnateur Provincial de l’ABEF-ND, a rappelé l’histoire de l’organisation, issue de l’Association Zaïroise de Bien-Être Familial (AZBEF), devenue ABEF-ND en 1997.
Il a notamment évoqué l’évolution institutionnelle de la politique des « naissances désirables », initiée au début des années 1970 et consacrée par plusieurs textes juridiques, dont l’ordonnance présidentielle n°73/089 du 14 Février 1973 portant création du Conseil National pour la Promotion des Principes des Naissances Désirables (CNPPND).
Pour le responsable provincial de l’ABEF-ND, la contraception constitue aujourd’hui un levier important du développement durable, notamment en contribuant à la maîtrise de la croissance démographique, à la réduction de la pression exercée sur les ressources naturelles et à l’amélioration des conditions environnementales.
Les services contraceptifs restent gratuits à Mbandaka
À l’issue de cette journée de sensibilisation, l’ABEF-ND a réaffirmé son engagement à poursuivre l’offre de services de planification familiale auprès de la population.
La Clinique Bongisa Libota de Mbandaka continuera ainsi à proposer gratuitement les différentes méthodes contraceptives modernes jusqu’à la fin du mois d’Octobre 2026. La structure poursuivra également les activités de sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein.
Les échanges entre organisateurs et participants ont permis d’apporter des réponses aux différentes préoccupations soulevées autour de la contraception, de la santé reproductive et de la disponibilité des produits contraceptifs dans la province de l’Équateur.
Peter GBIAKO NGBALA Correspondant/ Mbandaka
