Tribune

Et si Paul Kagame était le prochain sur la liste ? Par Jonas Tshiombela, Avocat du peuple

Dans cette nouvelle livraison de sa série Révolution de la Conscience Révoltée, l'avocat et analyste Jonas Tshiombela propose une lecture de l'évolution récente du dossier sécuritaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo. S'appuyant sur les dernières sanctions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies contre des acteurs liés aux groupes armés, ainsi que sur les conclusions de la cinquième réunion du Mécanisme conjoint de coordination tenue à Genève, l'auteur estime que la dynamique diplomatique est en train de changer. Selon lui, l'attention de la communauté internationale ne se limite plus aux mouvements rebelles, mais tend progressivement à s'élargir vers les responsabilités des États et de leurs dirigeants dans la persistance du conflit. Sans affirmer qu'une décision est déjà prise, Jonas Tshiombela s'interroge sur les conséquences d'un éventuel non-respect des engagements internationaux et évoque la possibilité d'un durcissement de la pression politique et diplomatique. Une réflexion qui invite les acteurs de la région des Grands Lacs à privilégier le dialogue, le respect du droit international et la mise en œuvre effective des accords conclus pour éviter une nouvelle escalade des tensions. Nous la publions in extenso.

Ville morte ou ventre vide : quelle réalité pour la RDC d’aujourd’hui ? (Par Jonas Tshombela)

Dans la 82ᵉ tribune de sa série Révolution de la Conscience Révoltée, Jonas Tshiombela interroge la pertinence des appels à la « ville morte » dans une République Démocratique du Congo confrontée à une pauvreté croissante, au chômage massif et à la précarité du secteur informel. À travers une analyse nourrie des réalités socio-économiques du pays, l’auteur met en lumière le dilemme auquel sont confrontés des millions de Congolais vivant au jour le jour : répondre à un mot d’ordre de contestation ou préserver les maigres revenus nécessaires à leur survie quotidienne. Entre engagement citoyen, efficacité des stratégies de mobilisation et impératif de subsistance, cette réflexion invite à repenser les formes de lutte sociale à l’aune des défis actuels de la RDC. La rédaction de la unefm.cd la publie in extenso

La leçon stratégique que Sonko a apprise de Lumumba ?

Depuis plus de six décennies, l'histoire de Patrice Lumumba est racontée comme celle d'un dirigeant renversé au cœur de la première grande crise du Congo indépendant. Les débats portent généralement sur les interventions étrangères, les sécessions provinciales, les rivalités institutionnelles ou les circonstances qui ont conduit à sa chute. Certains estiment qu'il aurait dû résister davantage. D'autres s'interrogent sur les compromis qu'il aurait pu accepter. Une question demeure pourtant largement absente du débat. Et si l'enjeu fondamental de septembre 1960 n'avait pas été la conservation du gouvernement ? Et si la véritable bataille avait concerné le contrôle des institutions capables de produire et de préserver la légitimité politique ? La crise congolaise apparaît alors moins comme la simple chute d'un Gouvernement que comme une lutte entre centres concurrents de légitimité cherchant chacun à définir qui détenait le droit d'agir au nom de la souveraineté nationale. Lumumba aurait-il pu déplacer le centre de gravité du conflit vers l'Assemblée Nationale, où sa coalition continuait de bénéficier d'un soutien substantiel, plutôt que de concentrer ses efforts sur une confrontation autour de l'exécutif ?

CPK : les conflits internes font déjà des victimes, l’ECC et la Justice doivent agir avant qu’il ne soit trop tard (Par Jonas Tshiombela,...

Alors que la crise interne secoue dangereusement la Communauté Presbytérienne de Kinshasa (CPK), le défenseur des droits sociaux Jonas Tshiombela tire la sonnette d’alarme dans une tribune tranchante publiée sous la série Évangile Qui Dérange, la 34 de la série. Entre divisions des fidèles, luttes de leadership, tensions autour de la gestion du patrimoine ecclésiastique et risque de dérapage judiciaire, l’auteur estime que la situation a dépassé le cadre d’un simple conflit religieux pour devenir une menace réelle contre la cohésion sociale et spirituelle de l’Église. Il appelle l’Église du Christ au Congo et le Ministère de la Justice à intervenir urgemment afin d’éviter une aggravation de la crise et restaurer la paix au sein de la CPK. La rédaction de la unefm.cd la publie in extenso.

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De la technocratie à l’illusion : pourquoi le parcours...

Dans une tribune décapante, l’économiste politique hétérodoxe Jo M. Sekimonyo démonte le bilan de Malangu Kabedi Mbuyi à la tête de la Banque Centrale du Congo. Derrière un parcours international jugé solide, marqué notamment par des décennies au Fonds Monétaire International, il dénonce une « technocratie de la stabilisation » incapable de répondre aux défis structurels de la République Démocratique du Congo. Pour lui, la priorité n’est plus à la gestion des équilibres macroéconomiques, mais à une transformation productive profonde, seule voie vers une véritable souveraineté économique. La unefm.cd publie un extenso cette tribune.

Rapport de la Banque mondiale : Gouverner, c’est savoir...

Dans une tribune incisive, Jo M. Sekimonyo démonte les illusions d’une gouvernance guidée par des diagnostics sans ancrage structurel. Partant du dernier rapport de la Banque Mondiale sur la RDC, il met en garde contre des réformes de surface qui masquent l’essentiel : l’incapacité du système économique à transformer la richesse en prospérité. Entre dépendance aux financements extérieurs, absence de création monétaire interne et confusion des priorités, l’économiste appelle à « recommencer autrement » — en posant enfin le bon point de départ. La rédaction de la unefm.cd la publie un extenso.

Forum Médias Chine–RDC : le VPM Daniel Mukoko sait-il...

À l’occasion du premier Forum Médias Chine–RDC, tenu du 18 au 19 Mars 2026 à Kinshasa, se laisse entrevoir une inflexion plus profonde des rapports de puissance à l’échelle globale. Pékin y déploie une contre-offensive méthodique visant à consolider ses ancrages africains, au moment même où Washington s’efforce de réinvestir un espace partiellement délaissé. L’Afrique cesse d’être un simple objet de courtisation pour devenir un espace de confrontation stratégique. Dans cette configuration, la RDC occupe une position nodale, à l’intersection des ressources critiques et des chaînes de valeur industrielles contemporaines. Dans un tel contexte, la parole du Ministre de l’Économie nationale, de surcroit Vice-Premier Ministre, Daniel Mukoko Samba, devait être l’expression explicite de ce que le pays entend faire de sa position dans cette compétition.

RDC : Doudou Fwamba, victime d’un système de sélection...

Depuis ce mois, plusieurs personnes m’ont interpellé avec insistance au sujet de ce qu’elles perçoivent comme un silence étonnant de ma part dans le débat autour du retard de paiement des fonctionnaires en RDC. Officiellement, il est question de deux mois de retard. Cependant, dans certaines entreprises publiques, la situation dépasse largement ce délai. Les réseaux sociaux, les forums politiques et même des conversations privées semblent devenir des tribunaux improvisés attendant que je rende un verdict sur la question. Ces interpellations prennent parfois la forme de véritables hurlements, venant souvent de ceux qui n’ont pas jugé utile d’explorer mes nombreuses tribunes ou mes apparitions sur les chaînes de télévision locales où j’ai abordé ce sujet à maintes reprises. La réalité que je souligne demeure simple, mais inconfortable. Le débat actuel est mal posé. Il est structuré comme si la question centrale se limitait à comprendre pourquoi les fonctionnaires ne sont pas payés à temps. Réduire cette situation à un simple problème administratif de trésorerie revient à ignorer un problème économique plus complexe. Ce qui se joue ici dépasse largement un simple retard de paiement. Il s’agit du symptôme d’une architecture économique et institutionnelle profondément déséquilibrée. C’est à ce moment que certains lecteurs se perdent, surtout ceux qui préfèrent n’entendre que le récit qu’ils ont déjà décidé d’accepter.

Un pays avec la plus grande concentration de pauvreté...

Dans l’une de ses interventions en tant que président de l’Union Africaine, Félix-Antoine Tshisekedi exprimait une forme d’étonnement face à une réalité politique qui intrigue souvent les observateurs. Comment expliquer que dans des sociétés où la pauvreté est si visible et si profonde, les citoyens semblent exiger relativement peu de leurs dirigeants ? La RDC offre peut-être l’exemple le plus troublant de ce paradoxe. Dans un pays qui concentre l’une des plus grandes proportions de pauvreté extrême au monde, il n’est pas rare de voir les élites politiques afficher un mode de vie qui évoque davantage la viva loca que la sobriété attendue dans un État confronté à une détresse sociale aussi massive.

Évangile qui Dérange(30) La bible traduite dans les langues...

Pourquoi la Bible a-t-elle été massivement traduite dans les...

RDC : Duel Bahati vs Kabongo – verdict politico-économique(Tribune de...

Le duel Bahati–Kabongo, un symptôme d’un système politique en crise. C'est qu'illustre le bras de fer entre Modeste Bahati Lukwebo et Dany Kabongo Bondanya autour de la question de la révision de la Constitution qui dépasse largement une simple querelle politique. Derrière cette confrontation qui agite le Sénat et l’opinion publique, l’économiste politique Jo M. Sekimonyo voit surtout le révélateur d’un système institutionnel fragilisé, où les règles existent souvent sans mécanismes de sanction et où les partis fonctionnent davantage comme des réseaux de loyauté que comme des structures d’idées. Dans une analyse incisive, sans détour, il invite les Congolais à dépasser le choix simpliste entre deux camps pour interroger la véritable question : celle d’un modèle politique et économique qui peine encore à répondre aux urgences sociales et à la pauvreté persistante en République Démocratique du Congo. Nous publions in extenso cette tribune.

GUERRE D’IRAN : MENTIR PAR OMISSION (Chronique de Professeure...

GUERRE D’IRAN : MENTIR PAR OMISSION (Chronique de Professeure Madeleine Mbongo Mpasi )Guerre en Iran : comment les médias manipulent le silence Dans sa chronique, la professeure Madeleine Mbongo Mpasi dénonce le « mensonge par omission » des grands médias face au conflit en Iran. Entre chiffres abstraits et récits soigneusement filtrés, les victimes disparaissent derrière les images spectaculaires des missiles, tandis que les véritables enjeux géopolitiques et les acteurs en coulisses restent tus. Une réflexion sur le rôle des médias et la perception de la guerre dans nos écrans. Nous publions in extenso la chronique.La guerre d’Iran illustre et confirme une théorie émise il y a près de quarante ans, apprise comme étudiante et prolongée jusqu’ici dans mes enseignements : « le manque à connaître ». Noël Mamère, journaliste à Antenne 2, homme politique écologiste, a publié en 1988 un livre-enquête montrant et démontrant que les médias nourrissent moins les cerveaux du public qu’ils n’en privent et sèvrent.Pour rédiger son ouvrage, La dictature de l’audimat, Mamère a approché le beau monde. Présentateurs vedettes de la télévision : Anne Sinclair et Bruno Masure. Scientifiques : Jean-Louis Missika, Alain Touraine et Roland Cayrol. Directeurs de chaînes : Jacques Antoine et Pierre Desgraupes. Directeurs de programmes : Marie-France Brière et Dominique Cantien. Correspondants anglophones : Pierre Salinger et Edward Behr. Producteurs : Marc Gurnaud et Michel Drucker. Même le célèbre sondeur d’opinion : Michel Souchon.Tous ont présenté la « culture cathodique » avec des synonymes peu élogieux : « télé-mépris », « télé-mensonge » ou « média-mensonge ». Version simplifiée de cette théorie : la télévision est l’instrument par lequel se recyclent ces faiseurs d’opinion qui se sont octroyé l’autorisation de « mentir par omission ».Ainsi, la balistique déployée au Moyen Orient depuis le 28 février est décrite avec grande précision, à l’instar des maquettes des salons marketing : les missiles américain Patriot, iranien Fattah 2, israélien Jéricho 2, etc. Pourtant, les identités des victimes fauchées par ces outils de la mort disparaissent derrière des chiffres abstraits : 9 dans un bunker-synagogue israélien, 7 sur les bases Us dans les pays du Golfe, 532 au sud-Liban, 6 dans le bureau résidentiel d’Ali Khameini. Où ont-ils été pleurés et ensevelis ? Quels sont les cimetières construits ou agrandis pour accueillir leurs dépouilles ? Combien de veufs et orphelins ont-ils laissé comme candidats aux très prochains bombardements ?Récits médiatiques biaisésLa rhétorique médiatique se veut apparemment innocente. Mais, avec un froid cynisme elle dissimule une hiérarchie des valeurs qui refuse de se dévoiler. Le débat se prolonge sur les plateaux de télévision sur les jours de guerre à venir, jamais sur les boulangeries à reconstruire, les écoles et hôpitaux à réinventer. Noël Mamère avait déjà révélé son amertume : « telle est la télé ». C’est « la loi du fric et de l’audience ». Les bombes sur l’Iran réveillent les sentiments les plus grégaires de l’être humain : juifs contre arabes, sionistes contre islamistes, carême contre ramadan, et tutti quanti. Les médias s’en alimentent, à cœur joie.Les journalistes agissent ainsi comme des timoniers de conscience, à l’identique des dictateurs politiciens qu’ils pourfendent à longueur de journée. Lorsque ces derniers se donnent à voir sur les écrans, ici coupant les rubans symbolique et là posant les premières pierres, les médiacrates, eux, offrent au public l’illusion de s’effacer, préférant faire voir les exploits des autres, uniquement.Cette générosité est fausse. Exemple : la guerre d’Iran a donné à un youtubeur islamiste, Deen WithDaoud, l’opportunité de ramasser à peu de frais des vidéos éparpillées d’amateurs. Il réussit ainsi à construire un récit filmique sur ce que les diffuseurs classiques peinent à montrer, ceinturés par une censure impitoyable. Il est ainsi arrivé à semer le doute sur les chaines illustres, dites mainstream, telles l’américaine CNN et l’arabe Al Jazeera.La quasi-rébellion des médias n’est donc pas une fiction. La censure s’y frotte et s’y pique. Illustration : même en Israël, pays maître du renseignement, la radio de l’armée « Galei Tsahal Station » a été menacée de fermeture par le gouvernement de Benjamin Netanyahou. Elle a été jugée comme n’étant pas exactement « le porte-parole » ni « l’oreille » des soldats. Il a été reproché à ce média, pourtant ayant vu passer bien de guerres depuis 1950, un grief surprenant : « une sélection préméditée et partiale » des informations.En fait, ce sont les médias qui choisissent les angles de vue. Ils parviennent à créer des stars de savoirs et des guides de lignes de pensée. Echantillon : la guerre d’Iran a remis sous les projecteurs d’actualité un colonel retraité de la Us army, Douglas Macgregor. Il était déjà connu comme consultant privilégié des médias, au sein de la chaine câblée de New York, Fox News. Mais, à regarder de plus près, l’on constate que l’officier a été récemment un conseiller influent de l’armée israélienne. Il est également cet homme que le Président Donald Trump a proposé à nomination, souvent sans succès, à plusieurs postes dans les services de sécurité des Etats-Unis. Et lorsque cet expert affirme qu’Israël a débuté cette guerre, sans prévenir les Etats-Unis, son propos n’est pas pris pour argent comptant.Comme pour toutes les autres guerres qui ont précédé, celle de l’Iran est une pièce de théâtre télévisé écrite d’avance. Les lieux pouvant recevoir les reporters sont négociés auprès des belligérants. Les comptes X à surveiller en tant que sources authentifiées d’information sont répertoriés avec soin. La présélection des invités est censurée avec minutie au regard des lignes éditoriales.Et, somme toute, les silences les plus significatifs sont créés par différents nuages de victoires ressassées, reformulées ou répétées en boucle dans des émissions faussement diversifiées. Ainsi, derrière un fait médiatique réputé être exclusif ou urgent, il se cache maintes autres réalités. La guerre se déroule certes en Iran, mais dans la réalité elle est déjà une guerre mondiale. En fait, ce ne sont que les médias qui s’abstiennent d’évoquer clairement les rôles, bien vrais mais joués en coulisses, par les Russes, les Chinois, les Européens et même les Africains.Les Congolais et les Rwandais ne se rendent plus à Doha. Mais, ils observent tous avec pleine attention les missiles qui s’abattent sur le territoire du Qatar. Que va devenir le médiateur qatari demain et après-demain ? Les médias se taisent, parce qu’ils veulent que le public soit contaminé par leur silence. Omission coupable !

8 mars en RDC : Fête ou moment de...

Dans cette 73ᵉ tribune de la série Révolution de la Conscience Révoltée, le coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), Jonas Tshiombela, s’interroge sur le sens réel de la Journée internationale des droits des femmes en République démocratique du Congo. Entre défilés, pagnes et discours officiels, l’« Avocat du Peuple » estime que la commémoration du 8 mars risque de se vider de sa substance si elle ne débouche pas sur des réformes concrètes. Il appelle à transformer cette date symbolique en un véritable moment de redevabilité, d’évaluation des politiques publiques et d’engagements tangibles en faveur des droits et de l’autonomisation des femmes congolaises. Nous la publions in extenso

16 Février 1992 – 16 Février 2026 : la...

Trente-quatre ans après la Marche des chrétiens du 16 février 1992, la République Démocratique du Congo reste confrontée aux mêmes failles démocratiques, à la même méfiance institutionnelle et à la même fatigue citoyenne. Dans cette tribune forte, Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise, interroge la trahison de la mémoire civique, dénonce l’oubli des mobilisations non violentes de 2017–2018 et appelle à un nouveau sursaut national pour sauver la démocratie congolaise de l’usure morale et de la résignation. Cette Tribune, du 72e numéro de la révolution de la conscience révoltée que nous publions in extenso