RDC: Judith Suminwa maintient la pression pour renflouer le Fonds de Promotion de l’Industrie

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé mardi 21 juillet à Kinshasa la deuxième réunion stratégique de la Commission spéciale chargée du recouvrement des créances en souffrance du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). L’objectif est de récupérer près de 350 millions de dollars américains pour renforcer les capacités financières de cet établissement public au service de l’industrialisation.

Conduits par le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, assurant l’intérim au ministère de l’Industrie, les membres de la commission ont présenté à la Cheffe du gouvernement un premier rapport de catégorisation des créances.

« Nous avons déjà remis à Son Excellence Madame la Première Ministre un premier rapport. Au total, six catégories de créances ont été identifiées. Ce travail permet de distinguer les différents créanciers, d’évaluer les obstacles au recouvrement, de définir une stratégie adaptée et d’identifier les administrations compétentes », a déclaré Justin Kalumba à l’issue de la rencontre.

Selon lui, la stratégie du gouvernement se fera en deux temps. Une première phase sera consacrée au recouvrement à l’amiable. « C’est un appel adressé à tous ceux qui doivent de l’argent à l’État afin qu’ils s’acquittent volontairement de leurs obligations avant que les mesures coercitives ne soient engagées », a-t-il prévenu. Pour les débiteurs récalcitrants, le recouvrement se fera par voie forcée.

Pour accélérer le travail, trois sous-commissions thématiques ont été mises en place. Elles disposent d’un délai d’un mois pour déposer leurs premiers rapports. « Je ne dévoilerai pas l’identité des débiteurs pour l’instant. Des communiqués seront diffusés pour informer l’opinion publique de l’évolution du processus », a ajouté le ministre.

Justin Kalumba a toutefois noté des signaux positifs. « Nous constatons déjà des avancées. Certains débiteurs de bonne foi nous ont écrit afin d’engager des négociations pour un règlement à l’amiable. Chaque mois, nous rendrons compte à la hiérarchie de l’évolution des opérations », a-t-il précisé.

Interrogé sur les accusations de « chasse aux sorcières », le ministre a balayé d’un revers de main. « Il ne s’agit nullement d’une chasse aux sorcières. Si une personne a contracté une dette envers l’État et ne l’a pas remboursée, il est normal qu’elle soit invitée à s’en acquitter. La commission, créée sur instruction du Président de la République, est multidisciplinaire. Le format de cette réunion démontre qu’il sera désormais très difficile pour les débiteurs d’échapper à leurs obligations ».

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Cette opération fait suite aux orientations du Conseil des ministres du 10 avril 2026. A cette occasion, le Président Félix Tshisekedi avait qualifié ce dossier de « hautement prioritaire », estimant que le renforcement du FPI est un levier majeur pour l’industrialisation de la RDC. Une démarche qui s’aligne aussi sur le principe de bonne gouvernance du Programme d’actions du Gouvernement.

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La réunion a réuni de hautes personnalités : les présidents de la Cour Constitutionnelle et de la Cour de Cassation, les VPM du Budget et de l’Economie, les ministres des Affaires foncières et du Portefeuille, le conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité, ainsi que l’IGF, le CNC, l’ANR, la DGM et le Comité de gestion du FPI.

M.Luamuele

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