RDC: Judith Suminwa lance la traque des débiteurs du FPI

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La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a présidé vendredi à l’immeuble du Gouvernement une réunion de la Commission spéciale du recouvrement forcé des créances en souffrance du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). L’enjeu : récupérer près de 350 millions USD bloqués entre les mains de débiteurs insolvables, pour relancer le financement de l’industrialisation.

Le FPI bloqué par des créances impayées

Le dossier a été relancé après le Conseil des ministres du 10 avril dernier. Le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba, y avait exposé la situation épineuse des créances insolvables du FPI. Le Chef de l’État avait alors rappelé que la consolidation des capacités financières du FPI est un levier essentiel pour le développement industriel national.

Dans sa restitution, le ministre Justin Kalumba a dénoncé l’ampleur du blocage : « Près de 350 millions de dollars sont entre les mains de particuliers ». Ces fonds, initialement octroyés pour booster le tissu industriel, sont toujours détenus par des opérateurs défaillants. Conséquence : le FPI est asphyxié et ne peut plus jouer son rôle de catalyseur de l’économie réelle.

« Il n’est pas normal que des personnes qui ont reçu de l’argent de l’État ne le rendent pas alors qu’elles se sont engagées à le faire. C’est pour ça que nous disons qu’il faut absolument aider le FPI à recouvrer cet argent-là pour que nous puissions le réinvestir dans l’industrialisation du pays », a déclaré le Ministre.

L’insolvabilité de ces débiteurs paralyse la rotation des capitaux. Le FPI ne peut ainsi ni financer de nouvelles infrastructures, ni soutenir la création d’emplois locaux. Pour le Gouvernement, ces pratiques nuisent directement à l’un des axes du pilier 1 du Programme d’actions gouvernemental 2024-2028 : l’emploi et l’industrialisation.

Justin Kalumba a insisté sur la nécessité de transformer localement les matières premières plutôt que de se limiter à leur exportation brute. « On ne peut pas industrialiser le pays rien qu’en allant demander de l’argent auprès de la Banque mondiale. Il faut compter sur nos ressources nationales et internes », a-t-il affirmé.

Cartographie et contrainte par corps annoncées

La Première ministre a donné des orientations pour affiner la catégorisation des débiteurs. L’objectif est de traiter chaque dossier selon sa situation et son historique. « Ce n’est que le début des travaux… Nous allons d’abord catégoriser toutes ces créances qui sont en souffrance. L’ordre du jour aujourd’hui, c’est que ceux qui doivent payer doivent s’exécuter », a indiqué Justin Kalumba.

Selon lui, une nouvelle séance est prévue encore ce mois de juillet, vu l’urgence. La Commission prévoit de rencontrer les débiteurs pour fixer les modalités de remboursement. À défaut d’exécution volontaire, la contrainte par recouvrement forcé sera activée.

Certaines créances remontent à près de 20 ans, ce que le Gouvernement qualifie de preuve de mauvaise foi. L’argent à recouvrer provient de la taxe pour la promotion de l’industrie. Le recouvrement est donc présenté comme un acte de bonne gouvernance et d’équité.

La réunion a réuni le Premier président de la Cour de Cassation, les ministres du Budget, de l’Entrepreneuriat et PME, des Affaires foncières et du Portefeuille, les responsables de l’IGF, du CNC, de l’ANR et de la DGM, le Conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité, ainsi que le Comité de gestion du FPI.

Pour la Primature, la traque des insolvables est justifiée : libérer 350 millions USD permettrait au FPI de financer l’industrie, de créer des emplois et de réduire la dépendance aux financements extérieurs.

M.Luamuele

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