L’archidiocèse de Kisangani a célébré, le Dimanche 8 Mars 2026, troisième Dimanche de Carême, le jubilé des cinquante ans d’existence du Grand Séminaire interdiocésain Saint-Augustin, maison de formation philosophique de la province ecclésiastique de Kisangani.
La messe d’action de grâce a été présidée par l’archevêque métropolitain de Kisangani, Monseigneur Marcel Utembi Tapa, également Président de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Kisangani (ASSEPKIS). La célébration eucharistique s’est déroulée dans l’enceinte du séminaire, en présence des évêques des diocèses de la province ecclésiastique, de nombreux prêtres, religieux et fidèles chrétiens venus prendre part à cet événement jubilaire.
Un appel à la soif spirituelle et à l’engagement
Dans son homélie, l’archevêque métropolitain a rappelé l’importance de la quête spirituelle dans la vie chrétienne. Selon lui, chaque être humain porte en lui une soif profonde que seul Jésus-Christ peut étancher :
« Le Christ est la source capable de renouveler notre vie », a-t-il souligné, avant d’insister sur le rôle du Grand Séminaire dans la formation spirituelle et intellectuelle des futurs prêtres issus de Kisangani et des différents diocèses de la province ecclésiastique.
S’adressant aux grands séminaristes, Monseigneur Marcel Utembi les a exhortés à prendre leurs études au sérieux et à s’inspirer de l’exemple de saint Augustin, patron de cette maison de formation. Il les a encouragés à cultiver des valeurs fondamentales telles que l’humilité, la disponibilité et l’esprit de service.

Il a également rappelé que le séminaire demeure un lieu d’apprentissage du vivre-ensemble, de la prière et de la fraternité :
« Les cinquante ans que nous célébrons aujourd’hui ne sont pas seulement un aboutissement, mais surtout un point de départ vers l’avenir », a-t-il affirmé.
Des défis à relever
Malgré son importance dans la formation des prêtres, le Grand Séminaire Saint-Augustin de Kisangani fait face à plusieurs difficultés.
Parmi les principaux défis figurent notamment le manque de subsides suffisants pour la prise en charge des séminaristes, l’insuffisance des moyens de transport, les difficultés logistiques ainsi que la diminution progressive des bienfaiteurs.
À ces contraintes matérielles s’ajoutent également des défis liés à la formation, notamment la lutte contre la médiocrité, l’impact de la mondialisation et certaines dérives sociales susceptibles d’influencer les jeunes en formation.
Perspectives et appel à la solidarité
Face à ces défis, l’Assemblée Episcopale Provinciale de Kisangani appelle les fidèles chrétiens à prendre davantage conscience de leur responsabilité dans la formation des futurs prêtres. Elle encourage notamment les communautés chrétiennes à soutenir matériellement et financièrement cette maison de formation afin d’assurer son bon fonctionnement.
Les agents pastoraux sont également invités à promouvoir la vocation sacerdotale au sein des familles et des communautés de base.
De leur côté, les formateurs sont appelés à former des prêtres matures, équilibrés et capables de répondre aux exigences pastorales de l’Église.
Quant aux séminaristes, ils sont exhortés à développer leurs qualités humaines et à approfondir leur vie de prière.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, le recteur du Grand Séminaire Saint-Augustin, l’abbé Hyacinthe Nyekumbo, a lancé un appel pressant à la solidarité de tous les baptisés :
« La formation des séminaristes est l’affaire de toute l’Église. Cette maison de formation a besoin d’investissements, de dons et d’un soutien concret pour poursuivre sa mission », a-t-il déclaré.

Une institution qui a marqué l’histoire de l’Église locale
Depuis sa création en 1976 à l’initiative de feu Monseigneur Augustin Fataki, le Grand Séminaire Saint-Augustin de Kisangani a formé plus de deux mille séminaristes. Parmi eux figurent sept évêques, dont l’actuel archevêque métropolitain de Kisangani, Monseigneur Marcel Utembi Tapa, ainsi que Monseigneur émérite Bangabane du diocèse de Buta.
L’institution a également contribué à la formation de plus d’une centaine de prêtres au service de l’Église catholique.
Pour l’année académique en cours, le séminaire compte une centaine de candidats inscrits au cycle philosophique.
Gabriel Makabu
Correspondant/Kisangani
