L’examen, à l’Assemblée Nationale, de la proposition de loi encadrant l’organisation du référendum en République Démocratique du Congo continue de susciter de vives inquiétudes. Initié par le député national Paul-Gaspard Ngondakoy, le texte, étudié depuis le 30 avril 2026, provoque une onde de choc au sein de l’opinion publique et de la société civile.
Dans un communiqué publié le 1er mai, la coordination Nationale de la Société Civile Forces Vives de la RDC exprime sa profonde préoccupation face à cette initiative législative. Elle y voit une manœuvre susceptible d’ouvrir la voie à une révision ou à un changement de la Constitution, relançant ainsi un débat resté en veille pendant près d’un an.
La structure citoyenne rappelle que certains principes fondamentaux sont intangibles, conformément aux articles 219 et 220 de la Constitution. Il s’agit notamment de la forme républicaine de l’État, de la durée des mandats présidentiels, de l’indépendance du pouvoir judiciaire et de l’intégrité du territoire national.
Par la voix de son représentant, Jean-Bosco Lalo, la Société Civile Forces Vives met en garde contre l’opportunité d’un tel projet dans un contexte sécuritaire déjà fragile, marqué notamment par la présence de groupes armés, dont la rébellion AFC/M23, dans l’est du pays. Selon elle, engager un processus de révision constitutionnelle dans ces conditions pourrait accentuer les fractures et alimenter les tensions sociales, voire menacer l’unité nationale.
Face à ces risques, l’organisation appelle les acteurs politiques de l’Union sacrée à privilégier des initiatives favorisant la cohésion nationale. Elle exhorte également les députés à faire preuve de responsabilité et de vigilance afin de préserver les acquis démocratiques du pays.
Ce débat relancé autour du référendum s’annonce donc particulièrement sensible, dans un climat où les enjeux politiques et sécuritaires restent étroitement imbriqués.
Cadhy Mboma
