Sud-Kivu, motion de censure contre Purusi trop complaisant vis-à-vis de Strategos

Vingt et un de 48 députés provinciaux – -dont 4 chefs coutumiers cooptés – du Sud-Kivu ont exigé, dans une déclaration rendue publique, Mardi 28 Avril à Uvira, la démission du Gouverneur Jean Jacques Purusi Sadiki. La liste des pétitionnaires de la motion de censure devrait s’allonger ce week-end tant le Gouverneur , que certains élus qualifient déjà de sortant, s’emmêle les pinceaux dans ses décisions depuis un certain et ne fait plus l’unanimité même au sein de son cabinet.

La déclaration de la vingtaine d’élus locaux est tombée vingt-quatre heures après qu’une lettre de protestation de la firme Shomka Resources soit parvenue au bureau de l’Assemblée locale. Le manager général de Shomka Resources, Victor Kasongo Shomary a exprimé à Jean-Jacques Purusi toute sa désapprobation face aux injonctions du gouverneur à son ministre provincial des Mines d’harmoniser avec la coopérative Ucomiki-Union” et de “ramener Strategos Mining et Exploration SAS sur la table de négociation sur le cahier des charges sur les permis n°38, n°39 et n° 2601” détenus prétendument par Lugushwa mining SAU.

Le ministre provincial des Mines du Sud-Kivu avait pourtant décidé de la surseance des activités de cette entreprise pour raison de vérification de ses titres. Purusi a donc fait fi de la double mise à l’index de Strategos par la Banque Centrale du Congo. Sans doute , c’était la gaffe pour les élus locaux soucieux de la résilience socio-économique de la province avec des opérateurs économiques réputés pour leurs crédibilité et capacités managériales :

“Dans ce dossier , le gouverneur a franchi le seuil de la rébellion contre les décisions de la justice ! C’en est trop!”, a soutenu un élu.

Dans leur déclaration, les députés provinciaux qui en ont ras-le-bol de Purusi disent dans une déclaration politique, vouloir éviter au Sud-Kivu déjà en proie à l’occupation rwandaise, “la compromission de la cohésion et de la cohabitation sociales ». Expert en manoeuvres dillatoires, selon des élus réfractaires, Purusi qui se dit pourtant spécialisé en droit international a curieusement fait impasse sur le jugement n° RFC/128 du 28 Avril 2021 rendu par le Tribunal de Commerce de Kinshasa-Gombe coulé en force de chose jugée et portant ouverture des procédures collectives d’apurement du passif de Banro Corporation et homologation de la cession l’intégralité des actifs au profit de Shomka Resources. Quid de l’Ohada ?

Le Gouverneur qui dit également être titulaire d’un master en Travail Social Administration et Entreprises ignore-t-il que l’article 57 de l’acte uniforme de l’Ohada portant procédures collectives stipule :

” est nulle de plein droit toute cession d’actifs intervenue après l’ouverture de la procédure».

En clair, la prétendue acquisition par Strategos en date du 8 Décembre 2022 est tout naturellement de nul effet et opposable à tous, soit-il un gouverneur de province ! Fin novembre 2025, le greffier du Tricom de Kinshasa-Gombe aurait déjà dû faire procéder à la cessation de tout trouble sur les sites reconnus, de jure, à Shomka Resources sur base de quatre jugements de procédures préventives rendus le 28 Novembre 2025. Purusi ignore-t-il que la constitution de la la RDC impose que les décisions de la justice soient exécutoires.

Sinon, le Gouverneur du Sud Kivu s’engage-t-il dans un bras de fer avec le Président de la République, chef de l’État et magistrat suprême qui, lors de la 87ème réunion du conseil des ministres, avait annoncé une croisade contre les exploitants illégaux des minerais particulièrement dans l’est congolais? Le refus du Gouverneur de faire exécuter les décisions de justice prive le Sud-Kivu d’au moins 15% des revenus car les permis sur lesquels il entretient, pour des raisons inavouées, le trouble portent notamment sur le site de Namoya reconnu, pourtant, de droit, comme propriété de Shomka Resources.

Au moins 5.000 emplois directs sont gelés..Pis, Purusi , pour ses intérêts personnels, bloqué la réhabilitation de la RN 5, dans son tronçon partant d’Uvira à Namoya en passant par Fizi et Baraka. Un investissement de 100 millions $US est disponible pour ce faire. Hélas. Shomka Resources convie pourtant le gouverneur à rentrer dans la légalité en renvoyant, par le canal de son ministre des Mines, le dossier au Cadastre minier (CAMI) et au Guichet unique de création d’entreprises (GUCE) pour radier purement et simplement Strategos comme il est déjà mis à l’index par la BCC et, par conséquent, la confirmation de la propriété de Shomka Resources des permis inhérents aux sites de Lugushwa, Namoya, Kamituga et Banro à travers une mise à jour au RCCM.

Suivant la logique judiciaire, Victor Kasongo Shomary exhorte le Gouverneur Purusi à requérir plutôt le concours de la police des mines pour l’expulsion de tout occupant illégal de ses sites. Et Victor Kasongo d’ajouter que le rescom est en cours de réorganisation par Shomka Resources et sera, incessamment, soumis à la province du Sud-Kivu en tant que partenaire stratégique dans un projet de protocole d’accord de sécurisation du périmètre minier du groupe Shomka Resources à Lugushwa et Kamituga.

Mais la fronde qui monte à l’Assemblée Provinciale semble avoir éteint un point de non-retour.
Dans leur déclaration, les députés appellent le gouverneur Jean Jacques Purusi Sadiki à « prendre ses responsabilités » en présentant sa démission au chef de l’État. Toute intervention de Kinshasa ne saurait dissuader les élus.
Aux dernières nouvelles, le bureau de l’Assemblée Provinciale a été convoqué à Kinshasa , avec le Gouverneur Purusi. Attendons voir.

Nadia Abija/ CP à Uvira

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