Discours de Kabila : le MRJCO dénonce une « trahison » et réclame la prison

Le ton est monté d’un cran. Dans un communiqué au vitriol publié ce 11 Octobre à Kinshasa, Me John Mbaya Ntita, Président national du Mouvement de Réveil de la Jeune Congolais (MRJCO) et Président a.i de la plateforme Alliance pour la Rupture et le Développement (ARDEV-A), s’en prend frontalement à l’ancien Président Joseph Kabila.

Au cœur de la colère : la récente sortie médiatique de l’ancien Chef de l’État. Pour le MRJCO et l’ARDEV-A, il s’agit d’une « provocation de trop » et d’une « insulte à la mémoire de millions de Congolais morts sous l’agression rwandaise ».

Dans un réquisitoire en trois points, l’organisation dresse un bilan au lance-flammes des 18 ans de pouvoir de Joseph Kabila.

D’abord, « un bilan de 18 ans de prédation ». De 2001 à 2019, écrit Me Mbaya, « le pays a été mis en coupe réglée. Nos ressources minières ont été bradées, nos entreprises publiques détruites et le peuple maintenu dans la misère la plus abjecte ».

Ensuite, la complicité avec la rébellion. Le MRJCO affirme qu' »il est de notoriété publique que le M23-AFC, supplétif de l’armée rwandaise, bénéficie de soutiens politiques internes ». Et de poursuivre : « Le discours de l’ancien Président, qui reprend mot pour mot le narratif de Kigali et de ses pantins du M23-AFC, en est la preuve éloquente. Il est un complice idéologique et politique de l’agression ».

Enfin, le statut judiciaire de l’ancien Président. Le communiqué rappelle que « Monsieur Joseph Kabila a été condamné à mort par la justice militaire congolaise pour trahison, participation à un mouvement insurrectionnel et crimes de guerre ».

C’est sur cette base que le MRJCO et l’ARDEV-A formulent leurs exigences. Ils condamnent « avec la plus grande fermeté » ce discours qui vise à apporter un soutien moral au M23-AFC et à son parrain, le Rwanda.

Ils rappellent que la place d’un condamné à mort « n’est pas dans les salons climatisés de l’étranger pour distiller des discours séditieux, mais en prison ».

Deux demandes concrètes sont adressées au Gouvernement et à la Haute Cour Militaire : l’exécution immédiate de la peine et le lancement « sans délai d’un mandat d’arrêt international par le biais d’Interpol afin que le fugitif soit ramené au pays ».

L’organisation salue par ailleurs « les efforts entrepris par les autorités en mobilisant les FARDC et les compatriotes Wazalendo qui se battent jour et nuit sans relâche dans le grand Kivu ».

Un message clair à l’attention de la jeunesse, appelée à « faire échec à toutes les tentatives de restauration d’un système qui a pillé et réprimé le peuple pendant 18 ans ».

M.Luamule

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