Sakombi mise sur le Compact énergétique national pour renforcer l’offre d’électricité et soutenir la croissance

Dans une note adressée au Président Félix-Antoine Tshisekedi avec copie réservée à la première ministre, Judith Suminwa, et au reste de l’exécutif, Aimé Sakombi Molendo annonce une initiative structurante visant à renforcer la planification intégrée entre le développement énergétique et le développement industriel, notamment dans le secteur minier : réduire le déficit énergétique qui affecte la production industrielle et minière, tout en mobilisant de nouveaux investissements dans les infrastructures électriques et en veillant à ce que les communautés riveraines bénéficient également des projets énergétiques.

L’objectif stratégique, inscrit dans le cadre du Compact énergétique national, est d’accélérer l’accès à l’électricité en République Démocratique du Congo, en cohérence avec les engagements internationaux du pays et les orientations du Gouvernement. Résultat attendu à moyen terme, tripler du taux d’accès à l’électricité à l’horizon 2030, conformément aux objectifs du Gouvernement et aux engagements internationaux du pays en matière d’accès universel à l’énergie.

L’approche développée par Aimé Sakombi Molendo repose sur un principe simple : faire de la planification énergétique un levier direct de développement minier et industriel :

« (…) j’ai constitué une commission ad hoc, composée de mon ministère et du ministère des Mines, à l’effet d’élaborer une carte superposant les sites énergétiques sur les sites miniers du pays », écrit le ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité (RHE) au Président de la République.

Et Aimé Sakombi Molendo d’ajouter :

« Cette cartographie constitue un outil stratégique d’aide à la décision permettant d’identifier les synergies entre potentiel énergétique et développement industriel, afin d’orienter les investissements dans les zones à fort potentiel économique ».

Aussitôt sa hiérarchie mise au parfum, Sakombi retrousse ses manches pour des travaux herculéens. Après avoir relancé les travaux d’analyse et de structuration de plusieurs projets hydroélectriques stratégiques destinés à renforcer l’approvisionnement énergétique de Kinshasa et des pôles industriels du pays, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité (RHE) a engagé l’actualisation des études du projet hydroélectrique de Pioka-Tombe (6 450 MW), situé entre la République Démocratique du Congo et la République du Congo.

C’est le projet du barrage hydroélectrique de Pioka-Tombe (6.450 MW) pour lequel Sakombi, accompagné du SG des RHE, Alfred Liboko Bin Gele et du coordonnateur de l’Unité de coordination et de management (UCM) du ministère des RHE, Jean-Pierre Mukadi Kalombo, s’est rendu à Milan pour une séance de travail avec la firme italienne Electroconsult afin d’examiner l’actualisation des études techniques initialement réalisées en 1978. Cette société est également reconnue pour avoir participé à plusieurs grands projets hydroélectriques internationaux, dont la supervision du barrage de la Renaissance en Éthiopie.

Ce site est, en effet, l’un des projets structurants examinés dans le cadre de la stratégie nationale de développement du potentiel hydroélectrique du pays.
Sakombi a, en effet, identifié plusieurs sites hydroélectriques à fort potentiel dans différentes provinces du pays, dont certains font l’objet d’études de faisabilité ou d’actualisation dans le cadre de la stratégie énergétique nationale.

Outre Pioka-Tombe, il s’agit de sites hydroélectriques présentant un potentiel important, notamment Mumbotuta (510 MW) à Sakania, Luvua (3448 MW) à Pweto dans le Haut-Katanga, Nepoko (141 MW) à Rungu dans le Haut-Uélé, Luangatshimo (120 MW) à Kamonia au Kasaï, Lulua (155 MW) à Demba dans le Kasaï central, Kwango (180 MW) à Kasongo-Lunda, les chutes de Tubila (223 MW) à Mwenga au Sud-Kivu, Îles des éléphants (150 MW) à Zongo dans le Sud-Ubangi et Wanie Rukula (700 MW) à Ubundu dans le Tshopo. Le ministre des RHE dit également fonder cette stratégie énergétique sur le discours-programme du chef de l’État Tshisekedi lors de sa seconde investiture ainsi que sur les orientations du Plan national stratégique de développement (PNSD) et les engagements internationaux de la RDC relatifs à l’accès universel à l’énergie et à l’Objectif de développement durable n°7 (ODD7).

Selon Sakombi Molendo, le Compact énergétique national s’inscrit également dans la dynamique des initiatives internationales visant à accélérer l’accès à l’électricité en Afrique, notamment dans le cadre de la Mission 300 initié par la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement visant à donner accès à l’électricité à 300 millions d’africains d’ici 2030.

AUTRES CIBLES

La cartographie qui superpose les sites hydroélectriques et les potentiels énergétiques disponibles sur les sites miniers du pays constitue, explique le ministre des RHE, un instrument de planification destiné à faciliter les décisions d’investissement dans les secteurs énergétique et minier. Cette approche vise notamment à encourager les partenariats public-privé et l’implication des producteurs indépendants d’électricité (IPP) dans le développement de nouvelles capacités de production.

Dans cette perspective, les projets énergétiques développés à proximité des zones minières pourraient contribuer à sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’industrie tout en renforçant l’offre nationale d’électricité. Par ailleurs, la législation congolaise sur l’électricité prévoit des mécanismes visant à garantir que les populations riveraines des infrastructures énergétiques bénéficient également des retombées des projets, notamment à travers l’amélioration de l’accès local à l’électricité.

La loi relative au secteur de l’électricité encadre en effet l’organisation du secteur, les obligations des opérateurs ainsi que les mécanismes de régulation et d’accès à l’énergie. 
Pour autant, Sakombi s’active à faire progresser les discussions autour du projet Inga 3, l’une des phases de développement du complexe Grand Inga. Le Gouvernement poursuit les discussions avec plusieurs partenaires techniques et financiers internationaux afin de relancer la dynamique autour de ce projet stratégique.

Après des années de léthargie, les échanges techniques avec plusieurs partenaires, dont la Banque mondiale et certains pays intéressés par l’achat d’électricité, ont été réactivés afin d’examiner les modalités de mise en œuvre du projet.
Au-delà des projets spécifiques, la stratégie du Gouvernement vise à mobiliser l’immense potentiel hydroélectrique de la République Démocratique du Congo — estimé parmi les plus importants au monde — afin d’en faire un moteur de développement industriel, d’intégration régionale et d’amélioration des conditions de vie des populations.

POLD LEVI

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