Alors que le Rwanda foule au pied, sous la barbe des casques bleus et des agences du système onusien, toutes les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la crise dans l’Est congolais, son Secrétaire Général, Antonio Guterres, n’est pas, au contraire, intéressé à répondre à la demande d’exemption, sollicitée par Marco Rubio, Secrétaire d’État américain, sur la résolution 2825, adoptée le 29 Juin 2026, qui renouvelle l’embargo sur les armes en RDC contre des personnes et entités non gouvernementales opérant sur le territoire congolais.
La firme US Kobolds engagée dans l’exploitation du lithium à Manono (Province du Tanganyika) doit expédier vers le Congo un gradiomètre gravitationnel tensoriel embarqué à bord d’un avion pour ses activités. Mais cet appareil est aussi utilisé à de fins militaires.
Selon Financial Times, dans sa livraison du 30 Octobre 2026, la firme Kobolds Metals redoute un retard pouvant atteindre un an pour une campagne de prospection géophysique aérienne en RDC, faute de l’exemption devant lui être accordée par le SG de l’ONU, afin de permettre à son prestataire d’emmener dans l’Est congolais le fameux équipement de prospection. Mais l’embargo sur les armes en RDC contre des personnes et entités non gouvernementales opérant sur le territoire congolais court jusqu’au 1 er Juillet 2027.
Possédant des applications pouvant être utilisées aussi pendant la guerre, le gradiomètre gravitationnel tensoriel permet, en effet, de mesurer de très faibles variations du champ gravitationnel terrestre afin de mieux cartographier les structures du sous-sol et d’orienter les recherches de gisements minéraux. Kobolds étant une entreprise privée tombe, malheureusement dans l’escarcelle des entités ciblées par l’embargo qui est surveillé de près par un Comité des sanctions créé par la résolution 1533 du Conseil de Sécurité de l’ONU. En Septembre dernier, la firme Kobolds a même pensé que la Chine qui dispose d’un droit de veto au Conseil de Sécurité aurait bloqué la demande d’exemption américaine, vu que des firmes chinoises lorgnent aussi sur le lithium congolais et sont prêtes à initier un stratagème d’OPA inamicale sur le projet américain.
Le groupe chinois Zijin Mining, ce n’est un secret pour personne, développe déjà un projet sur le lithium dans la partie nord-Est du gisement ciblé par l’américain Kobold. Zijin a exporté son premier concentré de lithium en Juillet 2026. Mais le Gouvernement de Xi Jinping a vite rejeté les accusations de Kobolds, parlant des allégations contraires à la réalité des choses. Ce qui a davantage choqué les Américains est que le 31 Octobre dernier, le Comité de suivi des sanctions relatives à la résolution 2825, adoptée le 29 Juin 2026, qui renouvelle l’embargo sur les armes en RDC contre des personnes et entités non gouvernementales opérant sur le territoire congolais, a publié son rapport qui ne fait aucune mention à la sollicitation du Département d’État américain en faveur de Kobold.
Il sied de rappeler que, mi-Octobre 2026, soit juste un mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre la Belgique et le Rwanda, le ministère belge des Affaires étrangères a opposé un niet ferme à Erik Prince, non seulement pour toute licence d’exportation de la logistique susceptible d’être utilisée à de fins militaires mais également fermé la porte à une intercession diplomatique pour débloquer des drones de surveillance retenus par les douanes néerlandaises au port de Rotterdam. Pourtant l’Américain Erik Prince est en contrat avec Kinshasa pour la sécurisation des sites miniers et la lutte contre la contrebande des matières minérales.
Patron de la société Vectus Global, société de sécurité et de mercenariat, EriK Prince avait engagé ses chiens de guerre aux côtés des forces armées de la RDC, les FARDC, pour reprendre la ville d’Uvira, début 2026. Kobold, pour sa part, ne croise pas les bras dans l’attente de la réponse d’Antonio Gutteres. La firme américaine a confirmé, le 29 Octobre dernier, poursuivre ses travaux de prospection géophysique aérienne même dans le sud du Katanga.
Elle a déjà couvert 15 000 km. Kobold dispose de 18 permis de recherche couvrant environ 3 500 km², soit plus de 4 086 carrés miniers, pour ses recherches. Six concernent le cuivre et douze pour le lithium. Grâce à sa légèreté et à sa forte densité énergétique, le lithium est l’élément clé des batteries dans la fabrication des appareils électroniques, smartphones, ordinateurs portables, tablettes… des voitures électriques, vélos et trottinettes électriques.
Utilisé également en médecine psychiatrique, le lithium sert de régulateur de l’humeur, il prévient les rechutes dépressives. Le lithium est aussi utilisé dans l’industrie du verre et de la céramique pour abaisser le point de fusion et renforcer la résistance thermique et mécanique des verres spéciaux et des céramiques. En métallurgie, il sert comme additif pour abaisser la température de fusion lors de la production d’aluminium. Dans le domaine spatial, il permet aussi de résister à des températures élevées.
Le 4 Décembre prochain, le deal troc «minerais critiques contre sécurité » conclu entre les administrations Trump et Tshisekedi fera une année. Sans doute que l’opinion publique congolaise exigera des comptes, du concret.
POLD LEVI
