Les «Kabila» portent de nouveau des pseudonymes (?) du temps de Mobutu…pour mieux gérer leurs millions

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les kabila joseph entouré de jaynet et zoé
les kabila joseph entouré de jaynet et zoé

Chassez le naturel, il revient au galop. Pour leurrer les services de Mobutu à l’étranger, ils avaient caviardé leur patronyme de «Kabila» pour des noms tanzaniens et rwandais, a-t-on fait croire à l’opinion congolaise, voilà plus de 20 ans. Quand filles et fils de farouches opposants restés au Zaïre et défiant le régime, comme on dit à Kinshasa, en mode ‘‘fara-fara’’, les Tshisekedi, Nguz, Gizenga, Kibassa, etc., Lumbu, se sont affichés tels, au vu et su de tous.

Redevenus les Kabila, le frère ayant succédé au père au summum de l’Etat, les voilà qui préfèrent, curieusement, porter et signer avec leurs présumés pseudonymes dans des contrats des dizaines des millions de dollars.
Selon le Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la sécurité (GRIP), un centre de recherche indépendant basé à Bruxelles, Laurent-Désiré Kabila, originaire de l’actuelle province du Tanganyika, a rencontré plusieurs femmes dans son parcours de maquisard et trafiquant, dont Sifa Mahanya, originaire du Maniema.

De leur union sont nés Joseph, sa jumelle Jaynet et son frère cadet Zoé. «Joseph n’est pas le seul prénom connu de l’actuel Président. Pour des raisons de sécurité, il en portait d’autres : Mtwale, Christopher, Hyppolite, etc. C’est plus tard que le patronyme de « Kabange » – porté par le second des jumeaux chez les Baluba du Katanga – lui a été adjoint par des hommes politiques katangais, qui avaient pour mission d’asseoir l’image politique de Joseph Kabila au Katanga».

A propos, Jeune Afrique dans sa livraison du 7 Décembre 2015, détaille dans un article titré : « RDC : une vidéo refait surface et met le ministre des Hydrocarbures dans l’embarras vis-à-vis de Kabila », comment le prof de philosophie politique, Aimé Ngoy Mukena, a versé dans le sophisme en prenant à défaut, dans ses méninges, Socrates, Sartre, Platon, Freud, pour greffer Joseph dans l’arbre généalogique de Laurent Désiré Kabila :

«Personne n’a oublié les déclarations de leur mère, qui avait expliqué dans divers entretiens que ses enfants avaient dû vivre avec des noms d’emprunt lorsqu’ils vivaient en Tanzanie », note le centre de recherche bruxellois précité.

«Jaynet et Zoe Kabila portaient alors les noms de Jaynet Ursula Kyungu et Zoe Francis Mtwale », poursuit le GRIP.

L’institut de recherches révèle que ces mêmes «noms que l’on retrouvera quelques années plus tard au bas de l’acte constitutif de la société Sycamore Investments, fondée le 18 Juillet 2001, [soit juste six mois après l’assassinat de LDK, Ndlr]. Les dates de naissance reprises sur le document correspondent aux dates de naissance du frère cadet et de la sœur jumelle. Sur ce document officiel, les associés sont identifiés comme Tanzaniens ».

Le centre de recherche belge soutient que le Groupe d’Etude pour le Congo (GEC), basé depuis 2015 à l’université de New York, au Center on International Cooperation (CIC), a conservé une copie originale de l’acte constitutif du groupe Sycamore.
Mais le 5 Mai 2026, après avoir pris connaissance de la publication d’une liste de soixante-dix sociétés liées à Joseph Kabila sous sanctions américaines dont Sycamore Investments (TZ), Sycamore Travel Agency et Sycamore Investments Congo, l’équipe dirigeante de SYCAMORE S.A.R.L., ayant son siège social au n° 68 sise avenue Batetela, commune de la GOMBE dans la ville de Kinshasa, a soutenu dans un communiqué n‘avoir aucun lien avec les Kabila et que :

«SYCAMORE S.A.R.L. est une société de droit congolais, à capitaux exclusivement congolais, aux associés de nationalité congolaise et employant un personnel uniquement congolais».

Curieusement le communiqué ne fait nullement mention des noms des associés qui composent l’actionnariat.
Toutefois, Sycamore est loin d’être un cas isolé. En 2017, au temps fort de la polémique sur la légitimité de Joseph Kabila, arrivé au terme de son second mandat depuis fin 2016, la REGIDESO SA fait face à la société ISIS SPRL qui a occupé la servitude de son usine de Ngaliéma et construit sur ses tuyaux. André Kimbuta Yango, alors Gouverneur de la capitale, ordonne, par son arrêté n°SC/148/CAB/BGV/MIN.AFF.AGRIDR/NL/2017, la destruction des constructions d’ISIS. Mais Gentiny Ngombila Mbaka, juste 4 mois après son élection, annule la décision de son prédécesseur, le 10 Août 2019, par son arrêté n°SC/216/CAB/GVK/GNM/2019. D’où vient donc ce revirement? L’agence Bloomberg révèle que :

«la société ISIS a été fondée et contrôlée par Zoé Kabila, frère cadet de Joseph Kabila, ancien député et ancien Gouverneur de la Province du Tanganyika. Connue à l’origine pour avoir remporté un contrat public de sécurisation et d’impression des permis de conduire biométriques en RDC, ISIS a aussi investi dans l’immobilier et la construction de bâtiments à Kinshasa »

Et Bloomberg d’ajouter que :

«Zoé Kabila n’apparaît pas toujours sous son vrai nom. Dans le journal officiel du 1er Septembre 2004, il signe sous le nom de Zoé Francis Mtwale ».

Kimbuta, soit il ne savait pas qui était réellement Mtwale pour ordonner qu’on rase son immeuble, soit il avait opté de sauver des Kinois. Dans une note technique, la REGIDESO dit, en effet, exploiter l’eau :

«dans une zone morte sans courant d’eau et le taux de coliformes fécaux est exagéré. La vie de plus de deux millions de personnes est en danger ».

L’usine de Ngaliema dessert les communes de Gombe, Lingwala, Kasa Vubu, Ngiri Ngiri, Bumbu, Selembao, Bandalungwa, et Kintambo. Hélas, le Gouvernement Bruno Tshibala soutient plutôt Zoé Francis Mtwale dit aussi Zoé Kabila. Pierre Tshibangu Kalala est alors ministre près le premier ministre et deuxième ministre intérimaire des Affaires foncières après la suspension, en Mars 2019, du titulaire Léonard Lumeya Dhu-Maleghi par le nouveau Président, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour vente des concessions diplomatiques, puis le retrait des fonctions du ministre intérimaire à Emmanuel Ilunga Ngoie Kasongo, alors ministre délégué chargé des Congolais de l’Étranger, pour «méfiance et suspicion».

Il prend deux arrêtés ministériels n°649/CAB/MIN/AFF.FONC/2019 du 19 Juillet 2019 et n°654/CAB/MIN/AFF.FONC/2019 du 20 Juillet 2019 ayant respectivement pour effet de régulariser la situation juridique d’ISIS SPRL pour construire sur le site de captage d’eau de la REGIDESO et l’extension de la parcelle n°36.725 du plan cadastral de la commune de Ngaliema, propriété de la même entreprise. Selon des médias belges, Zoé Francis Mtwale aurait déjà vendu son entreprise à de puissants intérêts indo-pakistanais. Mais l’on retrouve une fois encore le nom de Francis Mtwale mais intercalé de Selemani dans une affaire judiciaire aux USA. Cette fois, le concerné est présenté comme frère « adoptif» de Joseph Kabila et aurait servi de prête-nom, selon les accusations de la justice américaine, pour permettre à Joseph Kabila de camoufler son identité réelle sur ses propriétés, 17 au total, aux États-Unis dont quatre de luxe d’une valeur cumulée de 4,15 millions de $US, dans le comté de Montgomery, dans le Maryland.

Naturellement, une question s’impose : comment et pourquoi des personnes confortablement assises sur et dans le pouvoir préfèrent-elles zapper le nom de leur père au profit des pseudonymes qu’elles auraient jadis porté pour sauver leur vie des agents tueurs de Mobutu? Pour d’aucuns, le nom de Kabila ne servirait que de couverture ethno-politique. Mtwale, patronyme authentique est utilisé dans des affaires privées, personnelles de gros sous. À chacun de juger.

POPOL RABUNI KARBONARI

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