ONU : la RDC met en garde contre l’érosion du système international des droits de l’homme

La République Démocratique du Congo a alerté, Mardi 24 Février à Genève, sur le risque d’affaiblissement du système international de protection des droits humains, lors d’une session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies tenue au Palais des Nations, en Suisse.

Selon l’Agence Congolaise de Presse (ACP), Kinshasa estime que ce dispositif demeure indissociable de la paix et de la stabilité internationales.

« Sans reddition des comptes, pas de paix durable »

Prenant la parole au nom du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et de la Première ministre Judith Suminwa, la ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagener, a averti contre toute tentative de fragilisation des mécanismes internationaux de protection :

« Le système des droits de l’homme, indissociable de la paix et de la stabilité, ne doit pas être affaibli. Saper ces mécanismes met en péril notre avenir collectif. Sans reddition des comptes, il ne peut y avoir ni justice ni paix durable », a-t-elle déclaré, propos rapportés par l’ACP.

La cheffe de la diplomatie congolaise a souligné que les crises actuelles traduisent une érosion du multilatéralisme et des principes fondamentaux de l’ordre international. Elle a plaidé pour un renforcement des moyens du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme afin de lui permettre de répondre aux défis traditionnels et émergents, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle et à la cyberviolence.

Coopération avec les mécanismes internationaux

La Cheffe de la diplomatie congolaise a réaffirmé la coopération de la RDC avec la commission d’enquête indépendante établie par le Conseil, en vue de faire toute la lumière sur les violations documentées dans le pays et d’en établir les responsabilités.
D’après l’ACP, elle a insisté sur le fait que l’exécution effective des mandats confiés par le Conseil constitue un indicateur clé de la volonté collective des États de préserver l’autorité du système international des droits humains.

Pour Kinshasa, la crédibilité de ce système repose sur l’application équitable des principes de légalité et de responsabilité « à tous, sans exception ».

Réformes internes et justice transitionnelle

La ministre a également mis en avant les réformes engagées par le gouvernement congolais pour consolider l’État de droit et renforcer la redevabilité.
Elle a notamment évoqué la mise en place d’un mécanisme institutionnel de réparation destiné aux victimes, particulièrement les femmes et les enfants, ainsi qu’un fonds d’indemnisation visant à restaurer leur dignité.

Une politique de tolérance zéro contre les violences sexuelles liées aux conflits a également été réaffirmée.
Au-delà de la justice transitionnelle, la RDC s’attaque, selon elle, aux causes structurelles des violations.

La création d’une cour économique et financière vise à poursuivre les auteurs d’infractions portant atteinte aux droits fondamentaux de la population.
Concernant l’exploitation des ressources naturelles stratégiques, le gouvernement exige le respect des normes internationales et des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, afin de garantir la responsabilité sur l’ensemble des chaînes de valeur.

L’Est du pays toujours sous tension

Toutefois, ces efforts restent, selon la ministre, entravés par la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elle a dénoncé les violations commises dans les zones occupées par les rebelles de l’ AFC- M23, qu’elle accuse d’agir avec le soutien du Rwanda.

À travers cette intervention, la RDC entend rappeler que la défense des droits humains demeure un pilier essentiel de la paix et de la sécurité collectives, conclut l’ACP.

Jennifer Mazemba

Plus de lectures incontournables

Les plus récents