ONU : les A3 exigent une justice pour le Darfour dans le respect de la souveraineté du Soudan

La République Démocratique du Congo continue d’assumer activement ses responsabilités au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, où elle siège en qualité de membre non permanent.
Lors de la 10092ᵉ séance du Conseil de sécurité, tenue le lundi 19 janvier 2026 à New York, sous la présidence de la Somalie, le représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, a présenté la déclaration du groupe A3 , cadre de concertation réunissant les pays africains membres non permanents du Conseil de sécurité — consacrée à la justice transitionnelle en faveur des victimes des atrocités commises au Soudan, notamment au Darfour, selon la Cellule de communication de la Présidence de la République Démocratique du Congo.

Dans leur intervention, les A3 ont réaffirmé leur attachement à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Soudan, tout en soulignant que toute réponse aux attentes légitimes des victimes devait impérativement respecter l’indépendance politique du pays :

« Nous sommes convaincus que toute solution durable à la crise actuelle doit respecter l’indépendance politique du Soudan, tout en répondant aux exigences légitimes des victimes en matière de justice et de responsabilité, en particulier au Darfour », a déclaré le groupe.

Les A3 estiment que la justice transitionnelle constitue un levier essentiel pour la réconciliation nationale et plaident pour son intégration dans un processus global de stabilisation du Soudan. Ils ont également insisté sur la nécessité de la redevabilité pour les crimes graves commis contre les civils, considérée comme un élément clé pour rompre les cycles de violence et prévenir leur répétition.

Dans cette perspective, le groupe A3 a encouragé un dialogue renforcé entre le Bureau du Procureur et la mission d’établissement des faits de l’Union africaine sur le Soudan. Il a invité la Cour pénale internationale à poursuivre ses enquêtes et procédures judiciaires dans le strict respect des garanties d’un procès équitable, tout en appelant les autorités soudanaises à créer un environnement favorable à une administration efficace et indépendante de la justice.

Les pays africains ont par ailleurs plaidé pour que le leadership soudanais en matière de justice soit privilégié, saluant à ce titre la mise en place d’un Comité national de coordination présidé par un juge de la Cour suprême, ainsi que les enquêtes sur les droits humains initiées par les autorités en place.
Enfin, les A3 se sont félicités de la condamnation à 20 ans de prison prononcée par la CPI contre Ali Mohamed Ali Abderahman, ancien chef de la milice janjawids, reconnu coupable de crimes atroces commis au Darfour entre 2003 et 2004, y voyant un signal fort en faveur de la lutte contre l’impunité.

Cadhy Mboma

Plus de lectures incontournables

Les plus récents