Le président américain Donald Trump a de nouveau créé la surprise sur la scène internationale. Selon un communiqué de la Maison Blanche, les États-Unis se retirent de 66 traités et organisations internationales, une décision justifiée par une formule sans détour : « Cela ne sert plus les intérêts américains ».
Par son ampleur, cette annonce marque un tournant inédit dans l’histoire diplomatique récente des États-Unis. Jamais un pays n’avait, en une seule décision, rompu avec autant de cadres multilatéraux couvrant des domaines aussi stratégiques que le climat, les droits humains, le développement ou la sécurité internationale.
Sur le plan climatique et environnemental, Washington tourne le dos à des institutions majeures, notamment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat GIEC, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables ainsi que l’Alliance solaire internationale. Un signal fort, alors même que la crise climatique s’intensifie à l’échelle mondiale.
Les droits humains figurent également parmi les secteurs les plus touchés.
Toujours d’après la Maison Blanche, les États-Unis se retirent de plusieurs mécanismes onusiens clés, dont ONU Femmes, le Fonds des Nations unies pour la population, ainsi que des bureaux spécialisés dans la lutte contre les violences sexuelles en situation de conflit, la protection des enfants dans les conflits armés et la prévention des violences contre les mineurs.
Le développement international n’est pas épargné. La liste comprend notamment le Fonds des Nations unies pour la démocratie, le Programme des Nations unies pour les établissements humains ONU-Habitat , la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement CNUCED , ainsi que l’initiative humanitaire « L’éducation ne peut pas attendre ».
En matière de sécurité et de coopération internationale, Washington met fin à sa participation au Forum mondial de lutte contre le terrorisme, au Centre européen d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides, ainsi qu’à un accord régional de coopération contre la piraterie en Asie.
Cette vague de retraits intervient dans un contexte déjà tendu pour le multilatéralisme.
La Maison Blanche rappelle que cette décision fait suite à des coupes budgétaires de 570 millions de dollars et à la suppression de près de 2 900 postes au sein des Nations unies.
Présentée par Donald Trump comme un « retour à l’essentiel », cette orientation est interprétée par de nombreux analystes comme un repli stratégique assumé, voire un désengagement du leadership mondial américain, à un moment où les défis globaux exigent davantage de coopération internationale.
Lionel IPAKALA
